Whatsapp, Facebook et Uber face aux dérives de leurs utilisateurs

WhatsApp, Uber, Facebook… ces trois empereurs du numérique font face à des dérives de plus en plus graves de leurs utilisateurs. Récemment, une nouvelle étape a été franchie : les utilisateurs d’Uber s’enrichissent délibérément sur le dos de l’appli elle-même, des réseaux de pédopornographie ont été démantelés sur WhatsApp et un meurtre a été filmé direct via Facebook live… Les acteurs du net font face à de nouvelles menaces. Retour sur ces abus des utilisateurs.

WhatsApp face aux dérives de ses utilisateurs

Ce sont 39 personnes parmi 130 suspects qui ont été arrêtées suite à une enquête lancée en juin 2016. L’ "opération Tantalio" concerne 96 groupes WhatsApp hébergeant un total de 360 000 images et de vidéos pédopornographiques. Ces documents ont permis aux autorités d’identifier des enfants âgés de 3 mois à 8 ans qui pourront heureusement être secourus.

Le pays le plus touché est l’Espagne avec 17 ressortissants arrêtés. C’est tout un réseau international  et interconnecté qui a été démantelé : ces groupes, uniquement joignables sur invitation, sévissaient dans une quinzaine de pays majoritairement en Amérique du Sud.

Lire l'article du Monde | Lire l'article du Parisien

 

 

STeve Stephens, le meurtrier de facebook live

Homicides, tortures, suicides… c’est récurrent et ça commence à devenir problématique : de nombreux actes de violence immoraux ont été filmé en direct via la fonctionnalité Facebook Live. La semaine dernière c’est un homme de 74 ans qui a été abattu de sang froid par un individu.

Le meurtrier a d’abord publié une vidéo  expliquant qu’il venait d’abattre 13 personnes et qu’il en cherchait une 14e. Plus tard, c’est en direct qu’il accoste sa victime, lui faisant répéter le nom d’une personne avant de lui dire qu’"elle est la raison pour laquelle cela va lui arriver" avant de lui mettre une balle dans la tête.

Facebook a supprimé ces vidéos et affirme réfléchir activement pour être plus réactif face à ces dérives.

Lire l'article de BFM

Uber fait face à des utilisateurs frauduleux en chine

Moins glauque mais tout aussi sournois, certains chauffeurs Uber n’hésitent pas à voler cartes de crédit ou téléphones à leurs clients pour s’auto-commander des courses et ainsi booster leurs revenus. En plus de l’argent de leurs victimes, ils touchaient également des bonus de la part d’Uber qui récompense les chauffeurs ayant réalisé un certain nombre de courses.

Uber a réagi en pistant ces fraudeurs. Problème : ils ont outrepassé les règles fixées par Facebook en termes de confidentialité des données en récupérant les empreintes digitales des malfrats même après qu’ils aient supprimé l’application. Tim Cook, CEO d’Apple n’a pas apprécié cette initiative et a menacé de supprimer l’application de l’Apple Store.

Lire l'article de Techcrunch

Quelles solutions ?

C’est compliqué. Pour reprendre l’exemple de WhatsApp, il est absolument impossible de contrôler ce qui se passe sur l’application pour protéger la vie privée des utilisateurs en marge des règles de confidentialité qui régissent son utilisation. WhatsApp ne peut rien faire avant que des autorités compétentes ne prennent les choses en main.

Concernant Facebook, ce genre de dérives arrivera forcément. On peut même se demander si, paradoxalement, ce genre d’anecdote ne légitime pas le Facebook Live. Car c’est bien la vocation de la fonctionnalité : évènementialiser l’anodin et créer du buzz en jouant sur le hasard de l’instantanéité. Tout ce que peut faire Facebook, c’est travailler pour supprimer plus rapidement ces contenus maladroit. Ou peut-être envisager que Facebook réserve cette fonctionnalité aux pages vérifiées et certifiées pour limiter les risques ; mais ce serait perdre en substance ce qui fait l’intérêt de la fonctionnalité. Une solution plus radicale consisterait en la suppression complète du Facebook ive, mais peu de chances que cela arrive…

Aussi vrai que l’adage "lorsqu’on pose une question, on s’expose à une réponse", lorsque l'on on crée des espaces de libre expression, il faut s’attendre à devoir les modérer.

Enfin, pour terminer avec le cas Uber, le schéma de fraude est plus classique. Ce qui choque, c’est que les utilisateurs s’en prennent directement à l’application qui est aussi leur employeur… Heureusement pour les victimes, il est assez facile de prouver qu’une course n’a pas été réalisée. A Uber de travailler pour trouver des solutions.

 

Paul de Longvilliers

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