Le shopper a-t-il tué la folie du digital ?

Cette semaine, nous avons rencontré Nicolas BIELIAEFF et Matthieu MONDIN, membres de MY SHOPPER AGENCY, agence créée par Nicolas il y a 6 mois seulement. La vision de Nicolas et Matthieu est disruptive, notamment en ce qui concerne le rôle du digital dans les années à venir.

 

Nicolas Bieliaeff, créateur de My Shopper Agency, agence spécialisée dans le Shopper Marketing

Nicolas Bieliaeff, créateur de My Shopper Agency, agence spécialisée dans le Shopper Marketing

En quelques mots, quel est votre parcours ?

Nicolas BIELIAEFF :

Je suis l’ancien Directeur Général d’une agence indépendante : IMPLICOM. Cette agence a grandi et elle a intégré un leader mondial de la communication (DENTSU AEGIS NETWORK), pour devenir psLIVE, un réseau européen.

En Septembre dernier, nous avons créé MY SHOPPER AGENCY (MSA), agence intégrée au groupe TESSI CUSTOMER MARKETING, apportant ainsi une dimension de conseil à cet intervenant historique de la gestion de la relation client.

Matthieu MONDIN :

Je suis actuellement planeur stratégique spécialisé dans le retail et le shopper marketing au sein de My Shopper Agency. J’ai acquis mon expérience dans ces deux domaines après diverses aventures professionnelles chez l’annonceur et en agence. Unibail Rodamco, Publicis Dialog/Modem et Aegis Media m’ont permis de faire mes armes avant de débuter cette nouvelle histoire chez MSA.

 

Pouvez-vous nous parler du groupe TESSI ?

Historiquement, TESSI est spécialisé dans la gestion de relation client et plus concrètement, la gestion des opérations promotionnelles.

Aujourd’hui, l’offre TESSI va donc du Conseil Stratégique jusqu’à la production opérationnelle qu’elle soit digitale ou expérientielle. Il y a en effet deux piliers de Conseil Stratégique chez TESSI : le Conseil Shopper et Retail Marketing et le Conseil CRM. Cette offre qui allie ces deux compétences métiers est unique sur le marché.

 

Et MY SHOPPER AGENCY plus concrètement ? 

Il est important à nos yeux de bien savoir faire la différence entre shopper, celui qui achète, et consummer, celui qui consomme.

Notre discours est orienté shopper, c’est à dire que nous voulons proposer des leviers pour convaincre le shopper et concrétiser l’acte d’achat. Pour cela, nous avons certaines convictions.

 

Pouvez-vous nous expliquer ces convictions ?

Notre première conviction est qu’il faut DONNER VIE AU POINT DE VENTE. L’expérience magasin reste trop limitée aujourd’hui et les évolutions dans le magasin physique sont faibles… Le shopper reste un illustre inconnu le plus souvent lorsqu’il rentre dans un magasin alors que sur le net on s’adresse à lui nominativement, on connaît ses goûts, on lui propose des expériences… Le shopper attend donc des évolutions sur les points de vente physique.

Notre deuxième conviction est qu’il nous faut REMETTRE L’HUMAIN AU CENTRE DU DEBAT. Le point de vente physique n’est pas mort : 95% des actes d’achat se déroulent encore dans un magasin physique ! Les chalands veulent voir des humains dans leur parcours d’achat.

Notre troisième conviction se porte sur LA PERSONNALISATION DU DISCOURS SHOPPER. C’est une hérésie de penser que tous les shoppers fonctionnent pareillement ! Nous avons réalisé des typologies shopper en partenariat avec KANTAR MEDIA TGI et nous constatons que les motivations sont différentes d’un shopper à l’autre. Il faut donc personnaliser l’expérience selon les shoppers.

Notre dernière conviction est qu’il faut DIGITALISER L’EXPERIENCE MAGASIN. On parle beaucoup de digitalisation, on met des écrans dans le point de vente mais on n’a pas pensé au contenu à diffuser. Demain, la digitalisation doit permettre la personnalisation du discours en point de vente. C’est une digitalisation qui doit offrir plus de services.

 

Matthieu Mondin, planeur stratégique chez My Shopper Agency

Matthieu Mondin, planeur stratégique chez My Shopper Agency

Si je comprends bien, le digital ne dois pas être considéré comme une fin en soi ?

Effectivement, c’est un outil au service de la réinvention du point de vente, au service de la ré-humanisation du magasin. La machine, la technologie doit accompagner l’homme et non s’y substituer. Le digital va nous permettre d’amener du contenu de manière ludique, de la personnalisation.

Nous aimons bien prendre l’image du commerce d’il y a 50 ans : un commerçant qui me connaît, qui connaît mes goûts, mes habitudes, ma famille, etc. Un commerçant qui s’adaptait à son client. Aujourd’hui, ça n’est plus du tout le cas ! La digitalisation doit nous permettre d’avoir ce discours individualisé. Mais n’est donc pas une fin en soi, c’est un outil, un moyen.

 

 

Pourtant, aujourd’hui nous parlons tout de même énormément du digital et de la révolution digitale…

C’est vrai que pendant 10 ans le digital était l’alpha et l’omega de la communication. Ne pas être digitalisé, c’était être ringard. Mais digitaliser à outrance, cela manque de sens. C’est un outil à utiliser à bon escient comme nous le disions. Il ne faut pas faire du digital pour faire du digital. Il faut que le digital réponde à des objectifs précis. Mais soyons honnêtes, la réaction « waouuh » devant un écran en point de vente, c’est fini.

 

Mais ce magasin de demain dont vous parlez, ne va-t-il pas faire peur ?

Au début du digital, le shopper a exprimé des freins : comment sait-on que je pars en vacances ? Comment sait-on où je vais ? Pourquoi me propose-t-on des promotions sur des produits que j’ai recherchés sur mon moteur de recherche ? Mais finalement, le shopper s’est habitué à cette dimension intrusive.

Il faut fonctionner par étape. Et il faut que le shopper s’y retrouve. La carte de fidélité en est l’exemple : on sait que l’on va être tracé mais on le fait tout de même pour les avantages qu’elle procure. Il y aura une logique d’acceptation si cela apporte réellement un vrai plus au client.

My Shopper Agency, la jeune agence Retail et Shopper Marketing

My Shopper Agency, la jeune agence Retail et Shopper Marketing

 

Pour terminer, une petite question sur les réseaux sociaux… peuvent-ils être exploités pour toucher le shopper ?

Encore une fois, les réseaux sociaux ne doivent pas être considérés comme une fin en soi mais comme un outil. Un outil pour ceux qui sont à la recherche d’informations sur les produits. J’achète tel produit. Que contient-il ? Est-ce que c’est bon pour moi ? L’influence des réseaux sociaux peut faire sens pour informer le shopper. En l’informant, on peut le convaincre et le rassurer. Donc ce sont des outils utilisables !

Pour conclure, je dirais que tous les outils que l’on connaît demeurent. Mais nous les prenons sous un autre angle. Chez My Shopper Agency, nous croyons à la méthode « Shopper Centric » car la bonne compréhension du shopper nous livre toujours le message adéquat à communiquer. Les points de contacts stratégiques en découlent dans un second temps.

 

Merci beaucoup à vous deux pour votre temps et pour ces explications qui viennent apporter une vision différente du futur du digital !

 

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