Des objets connectés qui nous collent à la peau

A quelques semaines du lancement de l’Apple Watch, Benoit Régent, spécialiste des objets connectés travaillant à Dentsu Aegis, est venu nous parler de tous ces joujoux dont on parle tant en ce moment. Simples gadgets ou véritables outils ? On vous en dit plus dans cet article.

Les tendances du secteur

Le marché des objets connectés, c’est :

Source : http://www.android-mt.com/news/objets-connectes-tete-pieds-23437

  • Des objets connectés de plus en plus présents et qui prennent toutes les formes possibles et imaginables.

  • 70% de croissance par an.

  • Un marché d’objets en majorité portables (dits “wearables”). Une nouvelle tendance semble émerger depuis quelques temps : les objets implantés. En effet, 8% des Américains sont prêts à se les faire tatouer voire greffer !

  • Une notoriété importante : 93% des Français ont déjà entendu parler des objets connectés et 51% déclarent savoir précisément ce que c’est.

  • Un marché déjà bien installé en France : 23% des Français possèdent au moins un objet connecté. Leur intérêt se porte surtout pour les objets high-tech (64%) et domotiques (57%).

  • Des intentions d’achat qui évoluent très vite pour les Français. Par exemple en février 2015, 8% des Français avaient l’intention d’acheter une TV connectée contre 6% en octobre 2014. A l’inverse, 7% des technophiles français souhaitaient acheter un bracelet sportif en février 2015 contre 18% en octobre 2014.

  • Un marché composé principalement de montres connectées : 65% de montres, 18% de lunettes, 12% de bracelets, 5% d’autres objets.

  • Un marché qui couvre tous les secteurs : second écran, la maison, les soins, la mobilité, le sport, les loisirs…

 

Comment ça marche ?

Un objet peut devenir “connecté” grâce à 4 technologies bien distinctes :

  • La courte portée via NFC ou RFID permet de connecter un objet à un autre, s’il est à moins de 10 centimètres de distance. Cette technologie est par exemple utilisée pour le paiement sans contact ou pour les Pass Navigo.

 

  • Les réseaux cellulaires longue portée via opérateurs ou SIGFOX :

    • Opérateurs de téléphonie : ce réseau cellulaire permet une couverture très large pour transmettre les données en très haut débit (c’est l’objet qui se connecte à internet) mais consomme beaucoup d’énergie.

    • SIGFOX est, quant à lui, un réseau dédié exclusivement aux objets connectés qui permet le transfert de données à basses fréquences pour moins de consommation d’énergie. Plus de 12 000 panneaux lumineux Clearchannel fonctionnent aujourd’hui avec cette technologie.

  • La connexion internet via un hub avec les technologies Bluetooth, Wifi, Zigbee, Z-wave et LoRa. Pour se connecter à internet, l’objet utilise un hub qui lui a accès à internet. Plusieurs technologies permettent de connecter un objet à un hub mais il faut que l’objet se situe à environ 10 mètres de son hub. Cette technologie est utilisée pour la plupart des objets connectés : bracelets connectés aux smartphones, ampoules Philips…

 

  • La communication MESH : cette technologie permet d’avoir un seul point de contact internet dans la maison et que tous les autres éléments soient connectés à internet par rebond. Tous les objets doivent envoyer leurs messages au même moment pour que cela fonctionne.

 

 

Quelques exemples d’objets connectés

Nous avons sélectionné pour vous des objets connectés originaux qui ont réussi à attirer notre attention par leur originalité. Tout d’abord, les Japonais de Neurowear ont remporté la palme des objets les plus déments avec ces deux accessoires :  Neurocam, une caméra portable grâce à un casque pour détecter vos émotions, dont la vidéo vaut vraiment le détour, et Nekomimi : des oreilles de chat pour mettre en valeur ses émotions. Dans le même esprit, la Happiness blanket de British Airways est une couverture qui change de couleur en fonction de votre état cérébral.

 

Notre coup de coeur est une invention bien différente.  En Bretagne, NDMAC Systems, une entreprise de Pluguffan, a inventé une tireuse à bière en self-service. Grâce à un bracelet auparavant crédité de la somme choisie, les clients peuvent se servir eux-mêmes leurs boissons (pour en savoir plus, cliquez ici ).

Vous avez peur d’oublier votre soirée avec ce procédé ingénieux ? Trak peut au moins vous permettre de vous souvenir des musiques que vous avez écoutées en enregistrant toute la playlist de la soirée. Peut-être que cela vous donnera des flashbacks, qui sait ? Enfin, si après tout ça vous vous sentez coupable et voulez vous mettre au sport, sachez que les objets connectés dans le domaine du sport ne manquent pas : casque de vélo, masque de ski, ballon de basket et même raquette de tennis avec Babolat Play… il y en a vraiment pour tous les goûts.

Les limites de ce marché

Si les objets connectés peuvent offrir de belles perspectives d’avenir, des réticences et des réserves peuvent néanmoins être émises vis-à-vis de ces objets. Selon une étude menée par le cabinet GFK, un tiers des consommateurs d’objets connectés abandonneraient l’outil dans les six mois car ils n’en verraient plus le bénéfice. Pour éviter cette désaffection, les constructeurs doivent effectuer des mises à jours régulières et introduire une interactivité plus poussée avec leurs utilisateurs.

La concurrence de plus en plus accrue sur le marché de l’internet des objets fait émerger des limites quant à l’utilisation de ces outils numériques. En effet, de nombreux systèmes cohabitent dans l’univers des objets connectés : une cohabitation concurrentielle qui posent des problèmes de compatibilité, constituant un véritable frein pour les consommateurs. On peut également penser à la multiplicité des objets pour différents usages : pourriez-vous vous imaginer avec une Apple Watch au poignet, un bracelet Nike Fuelband pour votre activité physique, et un bracelet Jawbone qui analyse votre rythme de vie ?

La peur de devenir dépendant de ces objets se fait également sentir. Selon une étude menée par l’Observatoire des Objets Connectés Ifop, 84% des Français considèrent les objets connectés comme un progrès, mais dans le même temps 88% pensent que cela nous rendrait dépendants des machines. Une défiance pour ces objets qui entraîneraient également le manque d’autonomie et le repli sur soi.

Autres sources d’inquiétude de plus en plus prégnante pour les consommateurs, la protection des données et le risque de piratage. 8 Français sur 10 se déclarent inquiets de voir leurs données personnelles utilisées à leur insu. Cette question de sécurité devient alors une problématique indispensable à maîtriser par les constructeurs.

 

 

Conclusion

Pour que la transition vers un monde ultra-connecté soit viable, les constructeurs doivent s’efforcer de maîtriser des facteurs clefs du succès : faire des objets rapides et faciles à installer, développer une prise en main intuitive, assurer une compatibilité entre tous les équipements, implémenter une relation de confiance avec ses utilisateurs notamment autour de la question de la sécurisation des données.

Chronique d’un succès annoncé, il est sans nul doute prédictible de voir naître une véritable économie autour des objets connectés dans les années à venir. Des objets qui on l’espère s’inscriront dans une démarche de progrès et pour le bien de l’Homme, des objets présents dans tous les secteurs qui faciliteront le travail de millions d’individus, des objets qui amélioreront la qualité de vie de millions de personnes.

Les Cool Kids vous remercient pour votre lecture et vous donnent rendez-vous demain pour un nouveau challenge !

Joanna (@DjodjoM26), Margot (@MargotMessiva) et Kevin (@Kolkev)

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