Mash up #16: Etre salarié fait-il toujours rêver ?

Nous avons assisté cette semaine à la 16ème édition du Mash up de Nantes. Mash up, c’est une association étudiante de Nantes qui vise à promouvoir l’entrepreneuriat auprès des étudiants. Le thème de la soirée était de savoir si le salariat fait toujours rêver, dans un contexte où de plus en plus d’actifs deviennent freelances ou auto-entrepreneurs. 

Il y avait trois intervenants pour animer ce débat :

  • Hind Elidrissi, CEO de Wemind, qui offre une solution de mutuelle aux freelances
  • Yoann Lopez, CMO de Comet, qui met en relation les freelances et les entreprises
  • Johann Ouaki, CEO de SOTØ, qui construit des outils pour s’adapter aux mutations du monde du travail

La crise du salariat

Pour Johann Ouaki, le titre de la conférence est un peu une question rhétorique. C’est un fait, le salariat ne fait plus vraiment rêver. Mais le souci, c’est qu’il devrait justement faire rêver ! Un emploi offre sécurité, confort et beaucoup d’assurance. Le principal problème de ces dernières années, c’est la perte de sens au travail. Comme l’a souligné Hind Elidrissi, au début des années 2000 il y a eu une crise de l’entrepreunariat. Tout le monde cherchait à créer sa boîte, mais il était très dur de tirer son épingle du jeu, sans doute dû au manque de soutien. En effet, il y a 10 ans, c’était encore mal vu d’être freelance : pas de promotion, pas d’évolution. Cela revenait à « faire une croix sur sa carrière ».

Aujourd’hui, on se retrouve dans la même situation que dans les années 2000, beaucoup de personnes souhaitent se lancer dans l’aventure de l’indépendance. La difficulté est d’être en mesure de pouvoir les accompagner le mieux possible. Les indépendants souffrent de nombreux “a priori” : ils sont perçus comme précaires et mal couverts face aux aléas de la vie professionnelle.

Pourquoi vouloir devenir indépendant ?

Mais la question qui nous vient donc à l’esprit est de savoir pourquoi tant de gens souhaitent devenir freelance ou entrepreneur.

Si l’on reprend les exemples des 3 intervenants, les motivations pour devenir indépendants peuvent être diverses. Hind Elidrissi a toujours rêvé d’entreprendre et de faire quelque chose qui correspond à ses valeurs. Pour Yoann Lopez, c’est plutôt la recherche de nouveauté qui l’a motivé à se lancer. Il avait l’impression d’avoir fait le tour. Mais un objectif commun les rassemble, vivre une aventure qui leur corresponde, dans ce cas : venir en aide aux personnes souhaitant se lancer dans l’indépendance mais qui n’osent pas sauter le pas, afin qu’ils mènent à bien leur projet.

Mais pourquoi y-a-t-il encore des craintes ?

Ceux qui hésitent à se lancer ont souvent peur de perdre tout ce qu’ils ont investi ou de ne pas être suffisamment prêt. Ils sont aussi inquiets de devenir précaires. Mais tout dépend de comment on met en oeuvre son projet. Par exemple, comme l’a fait Hind Elidrissi, on peut parfois s’appuyer sur son parcours pour mieux réussir. Après une longue carrière dans l’assurance, elle a lancé sa propre mutuelle et a ainsi pu capitaliser sur toutes les compétences qu’elle a pu acquérir de part son ancien poste.

Mais être indépendant ne veut pas dire absence de sécurité

Jusqu’à il y a peu, les freelances étaient un peu livrés à eux-mêmes en terme de protection sociale. Mais aujourd’hui, beaucoup de solutions sont offertes aux indépendants. De plus en plus de mutuelles sont créées pour leur assurer une couverture. Elles vont plus loin que le RSI (Régime Social des Indépendants), en leur donnant plus de protections. La start-up Wemind consiste ainsi à faire bénéficier les freelances des mêmes droits que les salariés : une assistance juridique, une garantie logement, et même un comité d’entreprise. Elle assure un service personnalisé et un suivi afin de leur garantir un véritable “safety net”.

… et ne signifie pas non plus que l’on est seul

On a souvent tendance à croire qu’être freelance signifie travailler en solitaire et donc passer un certain temps à réfléchir seul. En réalité, ils sont en contact avec beaucoup de personnes, notamment leurs clients. Des start-ups ont donc eu l’idée de faciliter la mise en relation entre freelances et avec des entreprises. Comme le souligne Yoann Lopez, beaucoup de boîtes ont encore du mal à travailler avec des freelances. C’est pourquoi Comet vise à créer une véritable communauté. Les indépendants ont comme tout le monde besoin d’un aspect social, et le fait de pouvoir se mentorer leur offre plein de nouvelles possibilités. L’objectif est que les nouveaux freelances deviennent aguerris grâce aux seniors et que cette communauté finisse par s’auto-alimenter.

Pour réussir, les freelances ont aussi besoin d’être formés et de connaître des outils. C’est pourquoi Johann Ouaki a créé SOTO, qui propose des programmes de formation afin que les freelances trouvent plus facilement des missions en entreprise in fine. Ces bootcamps vont de comment construire un business model à bien gérer sa comptabilité en passant par comment bien négocier. Grâce à l’émergence de ces nouvelles start-up, les freelances sont de mieux en mieux munis pour réussir dans un environnement très concurrentiel.

Ne pas opposer salariat et freelancing

Johann Ouaki rêve d’un monde où on dissocierait enfin le contrat que l’on a, de ce que l’on fait. L’idéal serait de ne plus se définir par ce que l’on est, c’est-à-dire sa fonction, mais par ce que l’on fait. Dans notre société aujourd’hui, il faut savoir être multi compétences, il faut apprendre à se former et les entreprises doivent être en mesure d’accompagner leurs collaborateurs dans cette évolution. Opposer les 2 notions n’a plus beaucoup de sens aujourd’hui. La notion d’indépendance aujourd’hui dépend grandement de la multitude de statuts juridiques et de situations qui diffèrent selon les personnes – parfois très avantageuses. D’une autre côté, associer salariat avec sécurité n’est plus tout à fait vrai. Beaucoup de salariés cumulent les CDD et sont “obligés” d’accepter des contrats très peu bénéfiques avec des conditions de travail parfois déplorables. L’opposition aujourd’hui n’a plus beaucoup de sens.

Vers une génération de slashers

Un nouveau terme “slashers”, définit bien cette tendance à changer de plus en plus souvent d’activité professionnelle. Ce mot est apparu pour la première fois dans le livre de l’américaine Marci Alboher, qui le définissait ainsi : « One person/multiple carreers ». La nouvelle génération aura certainement plusieurs vies, et la frontière entre vie professionnelle et vie personnelle va tendre à se brouiller. Les actifs cherchent à rebattre les cartes entre les deux et à réellement “devenir entrepreneur de leur vie”. Cela reste à confirmer mais le temps où l’on passait 40 ans dans la même entreprise semble bien révolu.

Deux conseils pour ceux qui veulent se lancer

  • Se former en amont
  • Avoir une certaine appétence pour le business 

Pour en savoir plus sur les start-up à destination des freelances présentées durant ce mash up, voici leurs sites web :

Et si vous souhaitez découvrir d’autres Mash up auxquels des étudiants de la majeure ont assisté, n’hésitez pas à lire les articles suivants :

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