La malédiction des réseaux sociaux : mythe ou réalité ?

A l’heure où plus de 2 milliards d’individus sont inscrits sur Facebook et où plus de la moitié se connecte quotidiennement, Isegoria -  la tribune étudiante d’Audencia - s’est penchée sur la question : quelle relation entretenons-nous avec ces réseaux sociaux omni-présents ?  Pour l’occasion, une vingtaine d’étudiants se sont réunis pendant 1h30 pour débattre et partager leurs opinions.

 Résumé de ce café-débat en 3 points.

1- Etre populaire sur Instagram et Facebook c’est comme être riche au monopoly :  ça ne sert à rien ?

Anbdy Wharol disait en 1968 “qu’à l’avenir chacun aura droit à 15 minutes de célébrité mondiale”. Prophétie réalisée à l’heure où chacun espère obtenir le plus de likes sur sa dernière photo instagram ou facebook. Mais que se cache t-il derrière cette popularité virtuelle ?

La construction d’un self-branding : L’étude de Kaspersky Lab démontre que 12% des utilisateurs mentent sur les lieux où ils se trouvent dans leurs publications. Sur les réseaux sociaux, nous sommes poussés à exhiber notre vie personnelle sous le meilleur angle. Avec les filtres instagram, snapchat et facebook, il est maintenant facile de donner la meilleure version de sa vie. Pour autant exhiber son intimité nous rend-il plus heureux ?

Une recherche vers une plus grande reconnaissance sociale : Sur les réseaux sociaux il est possible de quantifier notre popularité. Plus on a de likes, plus on se sent aimé par ses paires et notre égo en sort plus fort. Mais qu’arrive t-il lorsque le nombre de likes n’atteint pas nos espérance ? Nous remettons alors en question notre capacité à être reconnu par les autres.

Pourquoi cette sensation ? Parce que les réseaux sociaux apparaissent comme une réelle machine à comparaison avec son entourage. Un deuxième phénomène appelé FOMO “ Fear of missing out” démontre aussi une peur de ne pas être là au bon moment. Cette peur peut être accentuée par les réseaux sociaux lorsqu’ils sont utilisés pour augmenter notre capital social.

réseaux sociaux

2- Les réseaux sociaux : la nouvelle drogue du siècle ?

Comparer les réseaux sociaux à une drogue peut sembler pour certains quelque peu excessif. Mais à y regarder de plus près, il est difficile de louper certaines similitudes :

1- Des réseaux fortement addictifs : Notre addiction à l’égard de ces réseaux a été un des sujets longuement abordé lors de ce débat. Selon une infographie réalisée par l’agence Mediakix, nous passerions en moyenne 1h45 par jour sur ces réseaux sociaux. Cette addiction est fortement liée à la création d’un nouveau circuit de récompense : vous  publiez, vous obtenez des likes et donc vous sentez aimé. C’est ce sentiment, cette récompense qui vous pousse sans cesse à publier et à rechercher un contenu susceptible d’engranger le plus de likes.

2- Un sevrage difficile : les réseaux sociaux l’ont bien compris et ont tout mis en place pour que vous restiez ou reveniez le plus souvent sur leur plateforme. Les notifications incessantes et le scrollage sur une page qui ne se termine jamais sont autant de facteurs qui vous poussent à revenir sans cesse. Ainsi, au cours de notre journée, nous ne parvenons jamais véritablement à décrocher. Un petit chiffre pour la route : nous regardons en moyenne notre portable toutes les 10 minutes pour une durée inférieure à 30 secondes.

3- Des réseaux qui nous coupent du monde extérieur : à l’instar des jeux vidéos, les réseaux sociaux ont une propension assez élevée à nous couper du monde extérieur. Il nous coupe à la fois de la réalité immédiate mais surtout nous font miroiter des vies qui semblent plus passionnantes, plus parfaites que les nôtres. L’émergence de nombreux influenceurs aux vies parfaites sur Instagram, par exemple, contribue à créer un sentiment d’infériorité de notre part.

Pour vous aider à mieux comprendre cette addiction, rien de mieux qu'une petite vidéo :

3- La libéralisation de la parole : entre opportunités et limites

La révolution des printemps arabe, le mouvement #metoo, les tweets du président américain Donald Trump : espace privé mais aussi public. A quel point peut-on tout dire sur les réseaux sociaux ?  

Tout le monde peut s’exprimer sur les réseaux sociaux et émettre son avis. La parole de M. tout le monde peut autant être prise en compte que la parole d’un média connu et respecté alors que le principe de médiateur n’existe pas sur les réseaux sociaux.

C’est ainsi que des lynchages publics peuvent avoir lieu sans aucune restriction. Catherine Deneuve émettait ainsi une certaine réserve sur le mouvement #metoo à cause de l’impact que peuvent avoir une parole sur les réseaux sociaux  : “de simples dénonciations sur réseaux sociaux engendrent punition, démission, et parfois et souvent lynchage médiatique.”


Ces 1h30 de débat nous ont permis de discuter, de manière assez globale, sur la place qu'occupent aujourd’hui les réseaux sociaux dans nos vies. Les dérives et les mauvais aspect de ces outils ont été longuement abordés. Mais finalement, le plus paradoxal reste que malgré leur vision plutôt cynique de ces réseaux, les étudiants présents ne sont pas prêt de les abandonner de sitôt...

 

Solenne Bertrandie & Coline Malicet

 

Si vous voulez approfondir le sujet n'hésitez pas à aller lire l'article : "l'influence des réseaux sociaux sur notre opinion"

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