Magali Florens décrypte le Digital en Agence Média

Magali Florens, CEO Mindshare France, nous a accordé une interview exclusive sur le positionnement du digital en agence média. Avec près de trente ans de métier, en agence de publicité et en agence Média, Magali Florens a pris les commandes de l’agence Mindshare à Paris en 2010.

logo Mindshare

Rémi Gomes (RG) : Bonjour Mme Florens, merci pour le temps que vous nous accordez. Pour commencer cette interview, pouvez-vous nous expliquer ce qu’est Mindshare ?

Magali Florens (MF) : Bonjour, Rémi ! Alors Mindshare est une agence média, du groupe international britannique WPP. Notre mission comme toute agence média est de conseiller les annonceurs sur leur stratégie de moyens et d’acheter les espaces publicitaires pour leur compte . Nous nous sommes diversifiés au même rythme que l’essor des leviers digitaux .

RG : L’Agence Média a-t-elle résisté à l’avènement du digital ?

MF : Oui ! Nous avons réussi à adapter nos offres médias aux évolutions des stratégies marketing des annonceurs. C’était même tout à fait naturel. Par contre, il me semble que la transition vers le digital fut plus compliquée pour les agences de publicité qui pensaient adapter leurs créations pluri-média au digital, ce qui n’a pas été si simple !

 

RG : Ah très bien, mais aujourd’hui, comment Mindshare a réussi sa transition digitale ?

MF : Une agence média comme Mindshare doit aujourd’hui proposer une palette de « Marketing services » aux annonceurs. Bien entendu, le média, la publicité et les études restent le cœur d’activité de l’agence. Mais nous avons dû nous adapter aux évolutions marketing et proposer  des opérations spéciales comme des événements, des partenariats, des licences etc et aussi beaucoup de diversification dans le domaine du digital. Dans les années 2000, nous nous sommes focalisés sur le display et le SEM, mais les annonceurs sont friands d’innovations et nous avons ouvert de nouvelles équipes dédiées aux métiers du mobile, du social média ou encore de la programmatique.

phrase choc marketing digital

 

RG : Comment interprétez-vous les grandes tendances actuelles dans les investissements média ?

MF : Depuis la crise, seuls les investissements digitaux sont en croissance (+5% en moyenne). En 2014, selon la SRI, le digital est le deuxième centre d’investissements en publicité. Il talonnait alors, la TV – 27,6% d’investissements TV contre 26,1% en digital. La TV reste encore, le premier média d’investissements pour les annonceurs en publicité. Mais ce média historique est talonné par le digital.

 

RG : Mais, existe-t-il alors des freins aux investissements digitaux ?

MF : Il faut arrêter de croire que le digital est intouchable !

Il y a deux scénarii possibles. Soit le digital continue son trend de croissance et dépasse très prochainement les investissements TV. Au bout d’un moment quand une courbe décroît alors qu’une autre croît, elles se croisent forcément !

Ou bien, au vu des récentes actualités, les investissements média dans le digital pourraient ralentir à cause de l’essor des Adblockers. Un vrai cauchemar pour les régies publicitaires digitales !

 

RG : Vous me dites donc que mon master en Marketing Digital risque d’être obsolète avant l’obtention de mon diplôme ?

MF : Mais non ! (rires). Il vous reste encore une chance, enfin il reste une chance au digital ! La programmatique est devenu l’enjeu majeur du digital de demain et certainement la solution. Aujourd’hui je recherche dans mes équipes des talents passionnés de data et qui seront capables d’accompagner nos clients dans des campagnes digitales de qualité. Le RTB (Real Time Bidding, ndlr.) a bien évolué. Aujourd’hui, on retrouve des emplacements premiums disponibles aux enchères notamment sur la vidéo. Les marques peuvent désormais envoyer un message en temps réel à un internaute affinitaire grâce aux cookies récoltés par les régies.

RG : Avez-vous des exemples de Best Cases sur la programmatique chez Mindshare ?

MF : Oui bien sûr ! Par exemple, nous sommes en train d’expérimenter un trading desk dédié à l’annonceur Unilever. Nous avons une Business Unit basée à Londres qui est en charge des opérations RTB pour cet annonceur à l’échelle européenne ! C’est un vrai plus pour un annonceur, qui a aujourd’hui les moyens d’établir une stratégie marketing dans laquelle la programmatique est au cœur du plan média. C’est un avantage considérable pour lancer des campagnes à l’échelle européenne sur des marchés très diversifiés.

Analyse et Critique du digital média

CEO Mindshare France – Portrait de Magali Florens

RG : Tout à l’heure vous nous disiez que l’agence média était très légitime en local ! Mais à l’instar d’Unilever, on parle de plus en plus de stratégies média coordonnées à l’international !

MF : Oui, c’est sûr ! Mais une grande majorité des agences médias ne se cantonnent pas à un seul pays, Mindshare est présente sur les cinq continents !  En fait, je crois bien que le digital chamboule les frontières, les compétences, les métiers traditionnels des médias, et le contenu et les opérations de la publicité.

RG : Pour conclure, un dernier petit mot pour les étudiants en marketing digital ?

MF : DATA ! C’est le mot clé pour votre génération qui arrive sur le marché du marketing digital ! La publicité fonctionne de plus en plus en triangle : Tech – Data – Content. Et la Data influence de plus en plus les deux autres points de ce triangle ! Vous verrez c’est très intéressant.

RG : Merci beaucoup Magali Florens pour cette interview très riche en informations. À bientôt !

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