L’IOT à travers le regard de Benoit Regent

La semaine dernière nous avons eu le plaisir de partager deux journées avec Benoit Regent consacrées aux I.O.T. Retour sur son parcours et sa vision de "l'Internet of Everything" à travers cette interview.

1. Quel est votre métier ? Quelles sont vos missions au quotidien ?

Je suis directeur général du département prospective de Dentsu Consulting au sein du groupe Dentsu Aegis Network France. Ma mission consiste à accompagner les directions générales dans leurs problématiques d’innovation, notamment technologique, pour assurer leur pérennité face à un monde où l’adoption de nouveaux usages va très vite. Pour ce faire, nous travaillons pour identifier les nouveautés porteuses de sens, réalisons des cahiers de tendances, vulgarisons l’accès à ces technologies, travaillons sur la conduite du changement en entreprise lors de workshops dédiés… C’est un travail passionnant dans lequel tout va très vite et qui apporte une vraie valeur ajoutée pour les clients.

2. Pourquoi avez-vous choisi de travailler dans le monde des IOT ?

Je n’ai pas choisi de travailler dans le monde de l’IoT. C’est une réalité business qui dépasse les objets ou les wearables. Le digital, ce n’est pas une somme de technologies. C’est avant tout un état d’esprit ; un écosystème dans lequel les entreprises doivent réinventer leur offre de produits et de services. Penser services plus que produits, marketing en temps réel, personnalisation…Vu ma passion pour la technologie, ma formation dans le marketing, mon expérience dans les médias et mon goût pour le conseil, ce métier s’est imposé comme une suite logique dans mon parcours professionnel… et les besoins dans les entreprises sont énormes !

3. Pensez-vous qu’il existe une limite aux IOT ? 

Nous sommes en train d’écrire collectivement une nouvelle histoire. L’IoT bouleverse le capitalisme classique et nombre de business models des entreprises. Et ce n’est que le début ! En ajoutant la blockchain dans l’histoire, les transformations du business iront encore plus loin. Les limites sont bien entendu essentiellement liées à l’exploitation des datas en toute transparence pour les clients. Avec le RGPD, on fait un pas vers le débat autour de la donnée. Mais l’Europe devrait se battre pour l’éducation du grand public et la bonne utilisation des données plutôt que de chercher à limiter la collecte. Celle-ci se fera de toute façon ; c’est le cas partout dans le monde. Posons-nous les bonnes questions pour rester en avance. A date ce n’est pas forcément le cas. La crainte typiquement française sur l’exploitation des données personnelles nous fait prendre du retard sur l’échiquier mondial des nouveaux usages numériques…

4. Est-il possible d’appliquer les IOT dans tous les domaines selon votre expérience ?

Je pense qu’il faut dépasser la notion d’IoT mais qu’il faut s’en inspirer pour questionner la pérennité du business model de l’entreprise et ses actions pour développer sa réputation. Ce n’est pas un choix. Réfléchir à la qualité de service que l’on propose, à la manière dont on mesure la satisfaction client, aux liens dans le temps qu’on construit avec son client grâce à des techniques modernes. L’IoT ou plutôt l’Internet Of Everything est un enjeu industriel. Et à ce titre, concerne à mon sens toutes les entreprises.

5. Enfin, à qui ces objets connectés profitent le plus ? A l’utilisateur ou bien à l’entreprise ?

Idéalement, si la proposition est bien pensée par l’entreprise, l’objet ou le service connecté devra se rendre indispensable à l’utilisateur, à tel point qu’il n’envisage plus la version « antérieure » non connectée. Par ricochet, l’entreprise récoltera des données sur l’usage de son produit et accédera à  un marketing plus exhaustif et réactif. Je ne crois pas à la survie d’un objet connecté qui ne bénéficierait qu’au producteur. Si l’objet n’est pas utile, l’utilisateur ne s’en servira pas sur le long terme, et le producteur ne récoltera pas/plus de données. L’obsession des entreprises devrait donc être d’améliorer les usages de ses clients grâce à la technologie. Mais la technologie ne doit pas être une fin en soi. C’est un moyen d’améliorer la préférence grâce à des produits dont la valeur ajoutée sur la concurrence deviendrait indiscutable.

Pour illustrer ses propos, Benoit Regent nous propose pour terminer une vidéo d’un IoT hackaton organisé par Dentsu Aegis Network à Melbourne récemment.

Encore à grand merci Benoit ! 

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