L’esthétisme audiovisuel au service du marketing digital.

Entretien avec Romain Briolet, Réalisateur.

Théo Pétrignet (T.P.) Pourrais-tu nous résumer ton parcours Romain.

Romain Briolet (R.B.) J'ai commencé avec un DUT Techniques de Commercialisation et j'ai enchainé avec un Master à SciencesCom. J'ai eu l'opportunité de faire un échange universitaire à Lima au Pérou dans le cadre de mon Master. J'ai donc décidé de réaliser une web-série "Peruvian Life"  sur mon expérience. Même si j'étais passionné par la réalisation de vidéo depuis ma tendre enfance, c'est bel et bien ce projet qui m'a permis de réaliser que je voulais et pouvais en faire mon métier. J'ai été diplômé fin 2014 et j'ai décidé de me lancer à mon compte en tant que vidéaste free-lance à la sortie de mes études en janvier 2015. Cela fait donc deux ans que je travaille avec les acteurs du numérique. Je collabore avec des agences de communication et des agences Web ; à Nantes principalement dans l'événementiel et dans le domaine du luxe à Paris.

T.P •   En arrivant à SciencesCom, tu savais déjà que tu voulais être réalisateur ?

R.B •   Non, en arrivant à SciencesCom, je visais plus un poste de chef de projet Web et j'ai réalisé mes stages en accord avec cette ambition. J'ai développé tout mon bagage technique de réalisateur en parallèle à mes études sur des projets personnels.

T.P •   Aujourd'hui tu travailles autant en tant que réalisateur que chef de projet web et audiovisuel, est-ce que tu envisages à terme de ne faire que de la réalisation ?

R.B •   Non, je pense qu'étant donné l'univers dans lequel nous évoluons aujourd'hui et l'interdépendance du Web et de la vidéo, il est préférable pour moi de continuer à allier les deux. Ayant fait une école de communication, il m'était difficile d'accéder au domaine du cinéma. Dès qu'on retire cette option et qu'on constate ce qu'il nous reste, on se rend vite compte qu'il est indispensable de conserver un ancrage dans le domaine du Web si l'on veut émerger en tant que vidéaste free-lance.

T.P •   J'ai vu que tu étais aussi sur des projets pub tel que le Vendée globe de Paul Meilhat sur SMA voile, quel était ton rôle dans ce projet?

R.B •   J'ai travaillé auprès de l'agence Windreport en tant que monteur pour le Vendée Globe de SMA Voile. J'avais commencé sur le Teaser du Vendée Globe de SMA, et j’ai continué jusqu'à la réalisation du film qui vient de sortir. Ce dernier retrace l’intégralité de l’aventure de Paul Meihat sur le Vendée Globe 2017. Le film a eu un bon succès puisqu'il a fait plus de 220 000 vues sur Facebook.

T.P •   Tu as également travaillé avec l'agence Les Poupées Russes pour différentes marques de luxe comme Sisley ou encore pour l'agence digitale Ekino, est-ce purement alimentaire ou prends tu du plaisir à réaliser des vidéos corporate ?

R.B •  Certains projets corporate sont moins attrayant sur les plans émotionnel et artistique. Mais pour le projet SMA et les deux que tu viens de citer, ce n’était pas le cas. Dans le projet SMA, il y avait une vraie trame narrative avec des bouleversements dans l'aventure, ça prend véritablement aux tripes. C'était très enrichissant de réaliser ce montage. Quand tu vois dans les commentaires de la vidéo que tu as contribué à transmettre des émotions fortes et authentiques, c'est ça qui me plaît et qui me donne envie de faire ce genre de projet. Pour Sisley, le Brief était clair. Je devais faire un making-of d’une minute avec carte blanche sur la partie créative. L’unique impératif était que le rendu devait être le plus esthétique possible (Regardez le making-of). L’esthétisme était aussi le maître mot du Brief sur le projet Ekino. Alors forcément, je suis heureux de travailler sur des projets comme ça.

T.P •   Tu as réalisé ton stage de fin d'étude dans le réseau d'innovation Atlantic 2.0. et aujourd'hui, tu diriges l'équipe vidéo sur un de leurs événements phare, le Web2day. Tu peux nous en dire plus sur ce réseau et cet événement incontournable de la scène numérique nantaise ?

R.B •   Ce grand événement numérique nantais fête sa neuvième édition cette année. Il est aujourd’hui incontournable pour tous les acteurs du paysage numérique de notre région et maintenant au-delà. Les conférenciers sont très inspirants et c'est un honneur de prendre part à ce projet. Le Web2day est organisé par le réseau d'innovation numérique Atlantic 2.0 qui rassemble plus de 250 entreprises adhérentes, représentant plus de 3500 emplois dans le web et le numérique sur la région. C'est une véritable occasion d'enrichir sa connaissance du digital autant du point de vue marketing/communication que sur l'aspect design ou technique.

T.P •    Quelles sont tes problématiques digitales en tant que vidéaste free-lance?

R.B •   C'est principalement la publication des vidéos sur les différents supports Web. Quelle plate-forme choisir et comment optimiser le marketing de ses vidéos. Publier une vidéo sur YouTube, c'est simple, mais la valoriser, la référencer et savoir communiquer sur cette vidéo, c'est plus complexe. La raison pour laquelle c'est compliqué, c'est parce que ça a l'air simple. Souvent, les entreprises négligent cet aspect. Il ne  faut pas hésiter à demander des conseils auprès des spécialistes pour plus de pertinence dans les mots-clés à mettre, les descriptions etc. Chaque plate-forme, YouTube, Dailymotion, Vimeo, a ses bonnes pratiques qu'il faut connaître.

T.P •    Quels sont tes conseils pour bien référencer une vidéo ?

R.B • •  Tout d'abord, choisir un titre qui donne envie de cliquer, toujours se mettre à la place de sa cible et trouver la bonne formule qui pourra l'engager. Ensuite, il faut écrire les tags en fonction du domaine d'activité de l'entreprise et du sujet traité. Et surtout, ne jamais laisser le champs de description vide. C'est une pratique pourtant encore trop fréquente. L'attractivité de la vidéo en ligne était d'ailleurs mon sujet de mémoire. Rendre une vidéo youtube virale ou comment mettre les techniques de diffusion au service de sa vidéo. 

T.P •  Est-ce que le rôle de la vidéo dans la stratégie digitale est en train de changer ?

R.B •  Aujourd’hui, la vidéo est omniprésente autour de nous, à la télévision bien sûr mais de plus en plus sur internet. Partout, on est interpellé par de l'image animée. Je pense qu'à l'avenir, on ne lira même plus, on n'aura que du contenu photo et vidéo et on ne comprendra qu'à travers l’image. La réalité virtuelle va accélérer ce processus.

« Je pense qu'à l'avenir, on ne lira même plus, on n'aura que du contenu photo et vidéo et on ne comprendra qu'à travers l’image. »

T.P •   J’ai regardé beaucoup de tes créations audiovisuelles, et j’ai essayé de leur trouver un point commun. J’ai l’impression que ce que tu privilégies, c’est avant tout l’esthétisme photographique de tes plans. Tu ne parles jamais, tu ne mets pas de voix off non plus. Tu laisses parler tes images en musique. Pourquoi ce choix ?

R.B •   L'esthétisme dans une vidéo se fait à travers l'image mais aussi à travers la musique. Ce que je dis souvent à mes clients, c'est que 50% de la vidéo se fait sur la musique. Donc le choix de la musique est primordial dans une vidéo. Il faut que celle-ci nous procure des émotions, c'est une condition nécessaire pour que les images, à leur tour, nous procurent de l'émotion. Ce que j'essaie d'atteindre, c'est l'harmonie entre le rythme de l'image et de la musique. 

T.P •   Est-ce que ce Pitch là fonctionne auprès des clients ? Comment se passe la négociation ?

R.B •   Cela dépend vraiment des clients. Ceux dans le domaine du luxe, en général, comprennent cette problématique car le souci esthétique est au coeur de leur métier. Pour d'autres clients, plus "corporate", ça les affecte moins car l'objectif de leur vidéo est de transmettre de l'information. La compréhensibilité et la clarté du propos prévaut sur l'esthétisme. Parfois, ils pensent qu'il est nécessaire de faire un choix entre ces deux objectifs qui ne sont pourtant pas incompatibles.  

« L'esthétisme est le contenant d'avenir de l'information. »

T.P •  Est-ce que tu pourrais imaginer un projet dans lequel la transmission d’information est centrale et que tu traiterais dans le format qui te tient à cœur sans prise de son ni voix off ?

R.B •  C'est marrant que tu en parles, c'est une demande qui m'a été faite récemment par un client. Ça m'a surpris mais j'y vois une vraie reconnaissance de mon travail. Alors, oui c'est possible ! Je pense même qu'on va aller de plus en plus vers ce format. On voit trop d'interviews pour en retenir les informations essentielles alors qu'avec des images bien choisies, un peu d’animation et une musique adaptée, on arrive à faire passer un message de manière originale tout aussi efficacement si ce n'est plus. C'est ce vers quoi je veux tendre de plus en plus dans mes projets. L'esthétisme est le contenant d'avenir de l'information.

Retrouvez toutes les réalisations de Romain Briolet sur son site web : www.romainbriolet.com

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