Voiture autonome, voiture de demain ?

Pour cette reprise des articles ponctuels sur le blog, j’ai l’honneur de commencer avec un sujet dont on entend beaucoup parler en ce moment : les voitures auto-gerées ou voitures autonomes. Ces voitures sont pilotées grâce à l’intelligence artificielle (IA) mise en place par la marque. Que ce soit Tesla, Google ou les constructeurs automobiles, chacun à leur façon souhaitent avoir leur part du gâteau. Décryptage de cette tendance.

Les types de conduite autonome

Il existe de nombreux types de voitures autonomes présentes sur le marché. La National Highway Traffic Safety Administration (NHTSA) a fait une classification de ces voitures en 4 niveaux, de la moins à la plus auto-gerée :

Niveau 1 : Voiture assistée.
Automatisation de certaines fonctions du véhicule, mais le conducteur garde le contrôle global du véhicule.

Niveau 2 : Conduite autonome partielle.
La voiture remplace le conducteur sur au moins 2 fonctions essentielles (ex : pédales + volant). Par exemple, dans ce type de voitures, le stationnement de la voiture (park assist) ne nécessite pas l’intervention du conducteur qui n’agit ni sur les pédales ni sur le volant.

Niveau 3 : Conduite autonome limitée.
Le véhicule est apte à conduire de façon autonome sans intervention du conducteur. Cependant, cette conduite ne peut être possible que dans un certain environnement (ex : autoroute, embouteillage etc…). C’est le cas de la Google Car.

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Google Car

Niveau 4 : Conduite autonome complète.
Le conducteur fournit des informations de navigation à la voiture et le reste est géré automatiquement par la voiture. La voiture est capable de conduire sans occupant à bord.

De nombreuses marques souhaitent se positionner sur ce marché à fort potentiel. Le graphique ci-dessous l’illustre bien :

voitures autonomes

La voiture du futur ?

Imaginons à quoi pourrait ressembler notre monde dans 5 ans si ce phénomène se généralisait :
Madame James n’aura plus besoin d’amener ses enfants à l’école le matin, puisque la voiture autonome connaitra l’itinéraire. Les accidents de la route liés à l’alcool et aux excès de vitesse seront moins importants car la voiture contrôlera la conduite. De plus, il y aura peu ou pas de zones de parkings au profit de zones urbaines ou vertes, puisque les voitures seront capables de se garer automatiquement.
Enfin, les contraintes liés à l’âge (conducteur trop jeune ou trop âgé) ou lié à une mauvaise vue du conducteur n’auront plus lieu d’être.
Et ce futur sera moins pollué car la voiture aura une meilleure efficacité énergétique.

Cependant, attention, les constructeurs automobiles précisent qu’il faut actuellement continuer de surveiller le véhicule durant le trajet. Cette mise en garde a été prise après un accident de la route d’une voiture autonome Tesla en mai 2016.

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Les freins à sa mise en place

Cette technologie suscite donc de nombreuses réactions.

  1. D’un point de vue strictement légal, en cas d’accident, qui est mis en cause ? Le conducteur humain ou le conducteur artificiel, soit le constructeur ?
  2. Nous avons précisé plus haut que cette voiture permettrait de baisser le nombre d’accidents mais qu’en est-il de la sécurité en elle-même de la voiture ? Comme toute technologie, elle peut être piratée. Mais, ici les conséquences d’un tel piratage pourraient être fatales.
  3. La programmation de la voiture est basée sur le « machine learning », c’est-à-dire qu’elle doit théoriquement parcourir une quantité astronomique de kilomètres afin d’affiner sa compréhension de l’environnement et des situations auxquelles elle pourrait être confrontée. Une solution originale a été récemment proposée par Tesla : entrainer la voiture via le jeu vidéo GTA V. Tesla a même mis à disposition un kit à télécharger gratuitement à cet effet.
  4. Ces voitures pourraient également entrainer la destruction massive de nombreux emplois : conducteur de taxis, concessionnaires, voituriers, mécaniciens…. Mais comme la théorie de la destruction créatrice de l’économiste Schumpeter l’a démontré à plusieurs reprises, les nouvelles technologies entrainent également la création de nouveaux emplois : data scientist, data analyst, cybersecurité etc…
    Par ailleurs, la société de VTC Uber a annoncé un partenariat stratégique avec Volvo afin de disposer de voitures autonomes à partir de 2021 et pourra donc remplacer ses conducteurs physiques par des voitures autonomes.
  5. Enfin, socialement, sommes-nous tous prêts à accepter de céder le contrôle à une machine ? Dans les mentalités, cela pourra peut-être prendre plus de temps que nous ne le pensons.

Dans un monde où tout va trop vite et le tout-tout-de-suite est maître, ces voitures s’inscrivent dans ce besoin de simplifier et de rallonger notre temps libre. Mais n’oublions pas que les machines et les technologies ne peuvent pas toujours dicter notre vie. Et parfois, il est bon de s’en détacher et simplement profiter de l’instant présent sans avoir à courir après le temps.

Naomi Darmon

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