L’éducation 3.0, pourra-t-on bientôt tous sécher les cours?

L’éducation à l’aide de l’outil numérique a longtemps fait peur. Aujourd’hui encore, elle divise partisans des méthodes traditionnelles et technophiles. Il semble cependant que l’e-education, et dans son sillage le développement de l’ensemble des outils de formation en ligne, aient récemment fait un grand pas en avant.

Ce mardi 27 Octobre 2015, Angela Merkel et François Hollande se rencontraient sur le thème du développement numérique, et l’e-education faisait partie des sujets centraux. Loin d’être anecdotique, cette rencontre marque une prise de conscience plus générale de l’impact du digital et de l’internet sur l’assimilation des connaissances.

Multi Media Internet Laptop with Objects

L’école connectée, objet d’investissements 

Depuis plusieurs mois, l’Etat français investit massivement sur des projets de développement d’écoles numériques. Une liste de ces projets, disponible sur le site education.gouv.fr, en fait la présentation. Des projets tels que Linum ou Ma classe 3.0 permettent d’appréhender de manière évolutive et de différencier l’apprentissage de chaque élève. Des méthodes d’évaluation et de remédiation amènent les étudiants, étape par étape, à la maitrise des compétences requises dans leur classe. La prise de position des pouvoirs publics autour de tels projets s’inscrit dans la lignée d’initiatives issues du secteur privé. Des acteurs, pionniers de l’éducation numérique, comme Educlever ou Sqool, proposent depuis plusieurs années déjà des solutions similaires.

Si le développement de ces spécialistes de l’éducation numériqeducleverue répondait, au départ, à des problématiques principalement liées au soutien scolaire, ils tendent aujourd’hui à se diversifier massivement. Educlever qui fait aujourd’hui en France figure de leader du marché propose, par le biais de ses multiples filiales, des solutions aussi bien aux élèves en difficulté, qu’aux mairies, aux parents ou aux entreprises.

L’intégration de l’apprentissage à la vie quotidienne

Si on parle souvent des avantages que représente le digital en termes de suivi individuel des élèves, on pense souvent un peu moins au potentiel du digital pour ce qui est de l’épanouissement plus général de l’enfant.

Un des principaux atout de l’approche numérique de l’enseignement est qu’elle invite à sortir d’une situation bilatérale qui placerait la famille d’un côté, et l’école de l’autre. Un certain nombre de plateformes éducatives parviennent à créer des liens plus étroits entre l’école et les autres lieux d’enseignement ou de culture. Edumax, par exemple, proposera des services périscolaires en association avec des acteurs de la culture allant du cinéma à Youtube sans oublier les “classiques” : musées et autres institutions culturelles. L’idée adjacente à ces services moins standards est la prise de conscience que le monde du digital et de l’internet impose à chacun un plus grand degré d’autonomie dans la complétion de son apprentissage.

blog2En outre, de manière naturelle et parce qu’un nombre croissant de ressources disponibles sur Youtube ou sur d’autres plateformes sont d’excellente qualité, on constate qu’une partie du matériel de cours n’est plus seulement supporté par des outils scolaires : ce que l’on apprend à l’école est de plus en plus intégré à ce qui se trouve hors de l’école, et inversement.

 

 

Une formation à l’autonomie

« 12/20 en entreprise, c’est loin d’être suffisant ». Comme le présente Julien Lucas dans un article du Huffington Post, « l’éducation en continu devient indispensable ». Chaque jour, de nouveaux outils apparaissent, et le personnel des entreprises ne peut plus faire l’économie de s’y former. Les entreprises les plus au fait de leurs besoins ont, en effet, pris conscience que les perspectives d’évolution rapide de leur environnement leur imposaient un degré de souplesse toujours plus important. Le premier élément de cette souplesse, ce sont leurs collaborateurs. De nombreuses entreprises d’e-formation, comme Y Generation Education, se positionnent particulièrement sur ce secteur rentable de la formation professionnelle.Global Impact Awards - Google

Participant au Google Impact Challenge, cette entreprise vise à former des jeunes du monde entier pour les aider à devenir des collaborateurs efficaces en entreprise. A l’heure de la généralisation du télétravail et de la volonté des entreprises de faire entrer l’innovation, via les collaborateurs, ces formations semblent promises à un bel avenir.

 

Excitant, non ?

Au-delà des considérations pratiques et rationnelles liées au développement des MOOC (Massive Online Open Course), COOC (Corporate Online Open Course) et autres SPOC (Small Private Online Course), la direction naturelle que prend la formation en ligne doit nous faire frémir pour un certain nombre de raisons.

Tout d’abord, Internet a un penchant naturel pour la gratuité. C’était le cas à sa création, ce sera encore le cas demain ; en témoignent les prévisions d’évolution d’offre d’applications de l’Appstore que l’on prévoit gratuite à 95% d’ici 2020. Egalement, s’il existe encore une offre de formation online payante assez forte, avec des acteurs comme Babbel (language learning), on peut supposer qu’il coexistera toujours une offre gratuite de qualité, comme c’est le cas avec Duolingo aujourd’hui.

On est face à un mouvement d’innovation extrêmement puissant. Si les pionniers comme l’application Khan Academy, ou encore les cours dispensés par TED, restent les têtes de pont du secteur, un nombre grandissant de start-up se développent dans leurs sillages, garantie d’un mouvement d’innovation perpétuel dans le secteur. Pour n’en citer que quelques-unes :

  • Quora : leader du question/réponse sur des sujets smart
  • Ankiapp : flashcard sur une incommensurable diversité de sujets (du chinois aux formules de mathématiques)
  • Codecademy : propose, entre autre, de multiples offres gratuites d’apprentissage du codage.

Il n’y a pas de limite de sujets imaginables, de sorte que je peux apprendre ce qui m’intéresse ou ce dont j’ai besoin sans rien m’imposer ; aussi, un des terrains d’investigation les plus intéressants pour les années à venir est sans doute le lien à tisser entre l’apprentissage théorique et la pratique, pour un sport, par exemple.

Nous entrons dans un monde où il m’est possible de sécher les cours et pour autant assimiler des connaissances gratuitement lorsque je le souhaite : assimiler une langue étrangère avec les meilleurs outils, assister à un cours dispensé par un professeur en robotique du MIT depuis mon lit, un monde où tout le monde peut grandir, apprendre et s’épanouir.

Les Last Minute, alias Anne-Laure Arnoult, Aurore Bréal, Charlotte Bourdin, Elise Doucet et Julien Eyssartier

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