Le contenu interactif pour tous ?

L’heure est à l’interactif. Avènement des réseaux sociaux, chatbots ou co-création… Les consommateurs ne se satisfont plus de leur statut de spectateur. Ils cherchent à devenir acteurs de leur consommation, de leur mode de vie et de leur contenu.

Ce désir criant de participation n’est pas passé inaperçu et commence à s’inscrire comme tendance digitale du moment. Afin de ne pas manquer le coche, nous nous proposons de déchiffrer ce phénomène pour vous : quelle est cette tendance ? Comment s’utilise-t-elle ? L’adopter ou non ? Vous saurez tout dans quelques lignes.

 

Le concept

 

Rappelons tout d’abord ce qu’est l’interactivité : Larousse nous dit qu’elle est la « faculté d’échange entre l’utilisateur d’un système informatique et la machine par l’intermédiaire d’un terminal doté d’un écran de visualisation »[1]. Autrement vulgarisé, un contenu interactif est donc un contenu qui propose au spectateur d’influer sur le cours de la narration, en choisissant son scénario préféré entre différentes propositions. Pourtant, si on y regarde de plus près, le concept n’est pas si neuf. Dès les années 80, les livres-jeux connaissent un grand succès, comme la collection mythique « Le livre dont vous êtes le héros » en France. L’idée d’incarner un personnage, de choisir son destin et de prendre le contrôle de l’histoire a toujours séduit.

L’industrie du film et des séries

A l’ère du digital, l’interactivité pénètre de nouveaux contenus. C’est ainsi que, à la frontière avec les jeux vidéos, les films interactifs voient le jour, comme Late Shift (2016) ou Tantale (2016). Ce dernier propose trente minutes de film avec vingt-cinq scénarios et cinq fins différentes possibles. D’après son réalisateur Gilles Porte [2] :

Mais l’industrie du film n’est pas la seule à adopter ce concept : les séries aussi. Actualité brûlante, Netflix vient d’annoncer la sortie d’un épisode interactif dans la saison 5 de sa série dystopique Black Mirror. Concrètement, les spectateurs pourront influencer l’histoire en choisissant entre plusieurs alternatives. Coup de pub ou véritable révolution de la plateforme : l’avenir nous le dira. Ce qui est sûr, c’est que l’interactivité fait parler d’elle.

Les réseaux sociaux

Et justement, quoi de plus important que le potentiel de buzz sur les réseaux sociaux ? Ces derniers ne sont pas en reste et les marques les utilisent afin d’adopter cette tendance de l’interactivité. En 2016, c’est Paco Rabanne qui réalise un tour de maître en collaboration avec l’agence Mazarine à l’occasion du lancement de ses nouveaux parfums. Ils proposent sur Facebook un live interactif dans lequel les internautes doivent aider deux braqueurs à dévaliser une banque grâce aux réactions et commentaires Facebook. Les gagnants pouvaient remporter un vrai lingot d’or et un diamant. Attrait pour le jeu, pour la nouveauté ou pour le gain ? Ce qui est sûr, c’est que le live a généré à lui seul plus de 500 000 vues et 30 000 commentaires partout dans le monde.

 

Alors, pourquoi l’utiliser et comment ?

 

Maintenant que le concept est débroussaillé, entrons dans le vif du sujet : pourquoi et comment utiliser l’interactivité dans les stratégies de communication des entreprises ? Les contenus interactifs sont-ils adaptés à toutes les structures et pour tous les objectifs ?

La réponse est non. Les contenus interactifs, ça a du bon, mais il faut savoir comment les utiliser. Pour vous, nous avons listé les opportunités et risques liés à cette pratique.

 

Pourquoi les contenus interactifs sont votre meilleur atout :

– Si votre objectif est l’engagement, vous avez tout intérêt à utiliser du contenu interactif. Par définition, l’utilisateur s’engage beaucoup plus dans ce type de contenus puisqu’il y participe. Les quizzs, mini-jeux ou films interactifs permettent d’obtenir un taux d’engagement élevé car vous obtenez l’attention des consommateurs.

– Ludique, nouveau, créateur de buzzs… Le potentiel de partage des contenus interactifs est très élevé. Et qui dit partage, dit reach organique. Le earned media est essentiel à la progression d’une marque, et l’interactivité peut vous y aider.

– Revenons aux origines : le contenu interactif est un contenu dans lequel l’utilisateur participe. Il agit, choisit, donne son avis… En d’autres termes : il vous offre de l’information sur lui, sur ses habitudes et ses préférences. Bien utilisé, le contenu interactif est une source de datas qualitatives. Il permet de récupérer de la donnée, et ce, de façon ludique. Une mine d’or, non ?

– Enfin, le contenu interactif peut être un véritable point de différenciation. A l’heure où les consommateurs sont abreuvés de contenus, vous êtes différent car vous pouvez leur en proposer un nouveau genre. Qui sait si demain, Netflix ne se distinguera pas de ses concurrents par le contenu interactif ?

 

Mais comment ne pas les utiliser de la mauvaise façon :

– Bien sûr, le contenu interactif représente un coût plus élevé que pour un contenu standard. C’est logique : qui dit film interactif, dit différents scénarios, et donc plus d’heures de travail des rédacteurs, comédiens, monteurs, etc. De la même façon : un live interactif requiert un community management à toute épreuve et très réactif.

– Attention à votre cible : l’interactif n’est pas fait pour tout le monde. Si les millennials sont friands de ce type de contenu, vous risquez de perturber d’autres utilisateurs. Alors, en utilisant des contenus interactifs, les entreprises ont intérêt à être très pédagogues ; ou simplement à ne pas les utiliser si la cible ne correspond pas.

– Interactivité, oui, mais tout le temps, non. Attention à ne pas tomber dans l’écueil de la co-création. Les spectateurs veulent pouvoir participer, mais pas produire leur contenu. N’oublions pas que devant nos écrans, il existe une forme de « flemmardise ». Les utilisateurs attendent que leurs contenus soient faciles et fluides, principe même du binge watching. Aussi, l’interactivité ne peut en aucun cas être à la base de toute une stratégie de contenus d’une marque. En bref : laissons à cette pratique son exceptionnalité.

 

Vous l’aurez compris, le storytelling a, selon nous, une nouvelle corde à son arc avec les contenus interactifs. Ils méritent certainement une place à part entière dans les stratégies de communication de demain. Alors, prêts à prendre le contrôle ?

 

Et pour découvrir pourquoi certains sont contre l’interactivité, rendez-vous sur cet article :

http://www.slate.fr/story/168170/culture-netflix-black-mirror-television-interactivite-annees-1980

 

[1] Dictionnaire Larousse

[2] https://www.franceinter.fr/emissions/grand-angle/grand-angle-08-juillet-2016

 

Abonnez-vous à Make it digital

Recevez par email chaque lundi matin l'ensemble des articles publiés sur le blog Make it Digital. La garantie de suivre les dernières évolutions du digital !

Garantie sans spam.

Leave a Comment