Keople et la culture numérique

A l’occasion de Draft and Craft, évènement du paysage nantais organisé par des étudiants d’Audencia afin de faire comprendre au plus grand nombre l’importance du design dans la vie de chacun, nous nous sommes intéressés à l’un des coachs sélectionnés : Séverine Pirault. Séverine Pirault est à la tête de Keople, une entreprise nantaise spécialisée dans la culture numérique. Une culture définie comme récente mais surtout indispensable. Pour en savoir plus, les Famous Flames ont pris contact avec cette serial entrepreneuse. 

Co-fondatrice Séverine Pirault

Co-fondatrice Séverine Pirault

Dans un premier temps, pourriez-vous vous présenter et nous décrire votre parcours ?

Je suis aujourd’hui co-fondatrice et CEO de KEOPLE. Je suis également co-fondatrice et associée d’INTUITI, une agence digitale sur Nantes, et de PERSONAE USER LAB, un laboratoire d’expérience utilisateur.

Après avoir été chef de projet web puis directrice de projet SEO, j’ai co-créé  Intuiti en février 2004 avec Arnaud Chaigneau. A l’époque c’était une agence de webmarketing. En 2006, on s’est associé avec une agence web puis on a fusionné en 2009 au profit d’Intuiti pour devenir une agence digitale.

Pourquoi avoir créé son entreprise et pourquoi Keople ?

J’avais envie d’un nouveau projet, d’un nouveau challenge en relation avec le développement des compétences numériques auprès de l’ensemble des collaborateurs d’une entreprise. J’ai donc décidé, en décembre 2013, de développer un projet qui me tenait à cœur : Keople. En effet j’ai constaté qu’on avait un vrai problème de compétence numérique en France. Malheureusement, cette compétence n’a pas été développée au même rythme que les outils : smartphones, tablettes …  Les compétences à acquérir, selon moi, sont  celles des fondamentaux du numérique : la capacité d’innover, de plus collaborer, d’être mieux organisé. Cela demande effectivement plus d’agilité, plus de partage de connaissances, un certain nombre de postures dans ce monde numérique.

Le concept de Keople ?

L’origine du projet Keople était de répondre à la question « comment transmettre cette culture numérique au plus grand nombre ? ». Le concept devait reposer sur un produit-serviciel et des outils d’aide à la décision. Une fois le concept posé, j’ai étudié sa faisabilité et son côté innovant.

Qu’est-ce que c’est Keople ? Keople c’est une start-up nantaise qui propose de déverrouiller la culture numérique dans les entreprises et dans les organisations. La réussite de la transformation numérique des entreprises passe avant tout par les hommes et les femmes de l’entreprise, une des étapes clés étant l’appropriation de chaque collaborateur à cette culture numérique. Pour y répondre, nous proposons une démarche unique d’apprentissage du numérique permettant d’identifier, de valoriser et d’enrichir la culture numérique de chaque collaborateur et par extension de tisser, ainsi, au sein des entreprises et des organisations, une nouvelle culture d’entreprise plus numérique, responsable et durable.

Que signifie la culture numérique ?

Le numérique n’est qu’un moyen. L’objectif du numérique c’est de gagner du temps, d’être plus efficace. Pourquoi parler de culture numérique ? S’approprier la culture numérique est compliquée comme toute culture. On l’appelle « numérique » mais j’aurais voulu trouver un autre mot. La culture numérique rassemble les savoirs, les savoir-faire et particulièrement les savoir-être attendus pour faire face aux enjeux du numérique. Enrichir chaque collaborateur de cette culture, c’est lui donner les moyens de répondre à ces enjeux de manière sereine.

Quelle est la différence entre le « savoir-faire » et le « savoir-être » numérique?

Le savoir-faire numérique « c’est le fait de maitriser les fondamentaux du logiciel Excel par exemple ou bien le fait d’utiliser les réseaux sociaux pour développer ses compétences, faire du réseautage… ». Par contre, le savoir-être touche les comportements et les attitudes associés aux usages numériques. Les nouvelles attentes clients demandent aux collaborateurs de faire preuve d’ouverture, d’écoute, de curiosité, d’agilité… Parce que le numérique bouleverse tous les codes, les relations, les métiers…et crée de nouveaux enjeux, les collaborateurs doivent s’adapter et développer de nouvelles manières d’être et de faire en milieu professionnel pour y répondre.

Quelles sont les entreprises qui ont réellement un problème avec cette culture ?

Toutes ou presque ! Aujourd’hui notre cible c’est plutôt les entreprises B2C parce qu’elles ont des collaborateurs directement en relation avec des consommateurs très connectés, donc là il y a urgence. La France n’est pas reconnue pour sa relation client et si les entreprises françaises veulent se différencier sur un marché aujourd’hui international, elles se doivent de transformer profondément leur relation aux consommateurs mais aussi avec toutes leurs parties prenantes.

Pourquoi avez-vous décidé de vous engager dans le projet Draft and Craft ?

J’apprécie beaucoup accompagner de jeunes entrepreneurs pour transmettre mes connaissances et mon expérience. Quand on crée une start-up on se sent vite isolé, on n’a pas d’argent, pas de moyens, pas de ressources. J’essaie toujours de donner un peu de mon temps pour transmettre, c’est important. Les différents projets qui ont participé à Draft and Craft ont forcément pris de la maturité et ils ont grandi pendant cette semaine. C’est ce que je trouve intéressant avec ce type d’initiative. Je félicite les étudiants d’Audencia d’avoir mis en place ce projet. C’était très bien fait, il y avait une vraie dynamique. En plus, on constate en participant et en rencontrant ces jeunes entrepreneurs que votre génération a envie d’entreprendre, beaucoup plus que les précédentes, en tout cas c’est un ressenti et je m’en réjouis !

Une dernière petite question. Qu’en est-il du futur de Keople ? De la culture numérique ?

Est-ce que dans 10 ans, on aura encore besoin d’un Keople ? Si c’est cela derrière votre question alors je dis oui car nous ne savons pas encore ce que nous réserve cette nouvelle révolution. Il y a beaucoup d’innovations à venir, de grands enjeux sociétaux nous attendent. Le rôle de Keople est d’être un facilitateur, d’anticiper et de pouvoir accompagner les entreprises et les organisations et leurs collaborateurs dans leur mutation. Nous allons être très vite confrontés aux enjeux liés à l’essor de la robotique, des objets connectés, du Big Data… car nous n’en sommes qu’au début. Pour le moment, la priorité pour Keople est le développement de cette culture numérique auprès du plus grand nombre et il y a déjà beaucoup à faire.

Les Famous Flames

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