Interview d’Arnaud Armengaud, Head of Design chez Netgem-PVX

MultiScreenNetgemNous avons rencontré pour vous Arnaud Armengaud, Head of Design chez Netgem-PVX, une entreprise qui conçoit les outils de demain pour la maison connectée (box TV, applications mobiles etc.). Son département est principalement en charge du client anglais EE, équivalent d’Orange en France. Dans le cadre de ce contrat, il travaille en collaboration avec l’entreprise PVX basée à Londres, qui entretient au quotidien les relations entre l’entreprise française et le client anglais.

Il nous révèle les dessous de son métier, et en particulier, qu’il ne consiste pas seulement en des personas !

 

Hello Arnaud, dis-nous qui tu es en 5 mots !

  1. Enjoué (On ne va pas passer sa vie à faire la gueule ou à pleurnicher – et surtout prendre le temps de dire n’importe quoi)
  2. Volubile (Parler, communiquer, convaincre, expliquer : tout ça demande beaucoup de mots – ça tombe bien, j’aime parler)
  3. Intello (Dans le sens de curieux   – le monde est vaste, les questions infinies, une vie ne suffit pas)
  4. Compétiteur (Dans la pratique du sport en tout cas)
  5. Dispersé (Si j’ai besoin d’un café, d’un verre d’eau et d’aller chercher un papier à l’imprimante, je vais faire 3 allers-retours)

Quel est ton parcours ?

J’ai fait un Bac S, par défaut.

Mes parents m’ont expliqué (à juste titre) que c’est la voie qui fermait le moins de portes. Cette voie ou une autre, les études m’ont toujours profondément saoulées. J’étais nul – une vraie crasse. Comme je préférais dessiner que faire des maths, le choix d’études artistiques s’est imposé.

Math

J’intègre alors l’ESAT (Ecole Supérieur des Arts Appliqués) en 1997.

A l’exception de l’année d’atelier (bon délire), j’ai fait le minimum – parfois moins. Le manque de maturité sûrement – s’arracher quand on est jeune évite de galérer quand on est vieux (c’est à dire travailler beaucoup pour trois fois rien).

Bref, après la fin de mes études, je me retrouve vendeur dans le concept store d’une agence de design dans le Marais. Je discute avec un mec. C’est le strategic planner de SITCOM (Macann pour Nestlé) – il me propose de le rejoindre à Noisiel. Alors je commence mon métier de graphiste.

Designer

Puis je fais du packaging chez Agonautes (packaging – groupe CB’A) en 2005.

J’avais fait mon stage là bas. C’est sympa mais pas excitant. Je ne crois pas être à l’aise dans le packaging. C’est un univers riche, il y a beaucoup à faire, mais ce n’est pas mon truc.
Après cette étape, l’identité de marque restera un domaine très intéressant et transverse dans ma carrière, avec le must – la création de logos.

Je rejoins alors des potes de promo chez TF1 en 2007.

Je commence par faire la Météo ! Le job consiste à animer les fronts dépressions et anti-cycloniques sur la carte (mon fait d’arme, c’est le seul soir ou TF1 n’a pas diffusé la carte – j’avais planté le système).
Ambiance sympa, mais travail répétitif (j’ai bien aimé côtoyer les présentateurs, et être avec mes amis mais c’est tout).

C’est là que je saisi l’opportunité. J’arrive à me faufiler à la DSINM (Direction de la Stratégie et de l’Innovation Nouveaux Médias) qui rassemble une bande de jeunes loups sur-diplômés, sur-motivés et sur-francs-tireurs. Là c’est excitant – on crée de nouveaux produits – tout est à penser.
On tire dans toutes les directions, on explore tous les médias. Et moi je design pour la petite troupe. Je monte une équipe, c’est épuisant mais ça le fait.

Clients chiant

Puis période de mou, la DSINM a implosé, pas assez en phase avec la culture d’entreprise, pas assez d’argent dans les caisses. Je travaille pas mal sur l’affichage numérique et avec l’Agence Interactive de eTF1 (c’était bien).

Je bouge en 2011 chez Visiware – Ils ont besoin d’un DA.

Je gère l’équipe Marketing Design, IPTV puis Game. Bilan mitigé. En gros, l’équipe était sympa et les projets intéressants, mais la mauvaise conjoncture a fait que j’ai dû me séparer de gens sans pouvoir les remplacer. Dommage, c’était bien parti ; ça restera quand même un passage très formateur.

C’est sans trop de regret que je quitte Visiware pour une jeune SSII (Warren Walter).
L’aventure, c’est d’être partie prenante dans la naissance d’une structure, sa partie commerciale, son univers de Start-up.

Première mission chez Netgem où je travaille actuellement.

La Head of Design m’explique trois semaines après mon arrivée qu’elle pose sa démission et me propose son poste. Quelques hésitations. Mais j’ai trois enfants et le salaire commence à être intéressant. Et puis le cadre est international, c’est l’occasion de travailler en anglais (grosse faille dans mon CV – je parle anglais comme une brelle). Ça me plaît, je fonce. C’est un métier exigeant, mais j’ai ce que je voulais. Etre acteur de l’évolution dans cette branche si omniprésente dans nos vie qu’est le UX design.

“Je comprends les besoins clients, crée pour l’utilisateur final et suis pleinement au coeur du processus de création graphique de l’interface, c’est géant!”

Dis nous 5 choses que tu détestes dans ton boulot ? 5 choses que tu kiffes ?

Déteste

  1. L’équipe UK qui cale des réunions à l’heure du déjeuner
  2. Le wording (le contenu texte de ce qui se trouve dans l’interface) et ses documents compliqués, ses tableaux compliqués
  3. L’équipe de développeurs qui te dit que ton design est “pourri”
  4. Le client qui t’oblige à intégrer des boutons 3D dans une interface flat design
  5. Aller à Londres et se retrouver à boire tout seul dans un pub

Aime

  1. Dire que je suis Head of Design – c’est valorisant, ça fait fun, ça passe bien
  2. Aller régulièrement à Londres (un jour, j’aurai ma White Card) – sauf quand je me retrouve seul au pub
  3. Quand j’ai fait un truc, je le regarde, je joue avec, c’est concret, c’est beau
  4. Je bosse avec de jeunes gens intelligents et motivés (merci les stagiaires centraliens!)
  5. Le design, c’est – de fait – la pierre angulaire d’un projet digital : en amont avec l’innovation, en aval avec les développeurs

La première chose que tu fais quand tu arrives au taff ? La dernière ?

La première chose, je regarde le Google Agenda – Ca m’évite de mauvaises surprises.
La dernière chose, je regarde mes mails (ce qui est une mauvaise idée, parce que je ne réponds à aucun mail une fois chez moi – masochisme ?)

Le site qui récolte ton plus grand nombre de clic dans la journée ? Pourquoi ?

Google Slide – et de loin. En même temps, produire des slides, c’est existentiel dans mon travail.

Qu’est-ce qui fait un bon designer UX/UI ?

La question qui tue !
Marguerite Yourcenar a dit :

Quand on est intelligent, on est intelligent pour tout.”

Alors le bon UI UX designer doit être : dynamique, pertinent, observateur, travailleur, fiable, attentif, investi, réactif, proactif… Bref, ce qui définit un bon pro, comme dans la plupart des jobs. Bien sûr, il vaut mieux être intéressé par les nouveaux médias et les mutations d’un domaine en constante évolution…

Voit-on le monde différemment après avoir fait de l’UX/UI ? 

Bien sûr !
Le principe même d’un boulot UX UI bien fait, c’est que ça coule de source pour l’utilisateur – qu’il n’ai pas à se poser de questions. Alors quand je me sers d’une interface, je regarde, teste, observe la logique et la technique utilisées. Personnellement, je m’attarde souvent sur les typos, tous supports confondus – pub, TV, magazine, écrans, etc. – je reste un graphiste…

Un dernier mot pour un jeune padawan qui souhaiterait se lancer dans l’aventure ?

Sans faire dans le grandiloquent :
L’Homme a inventé la machine. Le UX designer pense l’interface entre la machine et l’Homme.
Exciting isn’t it?

Petit lexique d’Arnaud

Print – ce qui s’imprime (livre, dépliant, emballage, flyer, étiquettes, etc.)
Packaging – tout ce qui se vend dans le commerce est emballé, c’est le travail du pack designer
Identité de marque – imprimé dans la tête du consommateur, c’est ton logo, ton image, ton message – reconnaissable entre tous
DA : Directeur Artistique – tous les graphistes sont DA (véridique)
UI : User Interface – effet waouh recherché, ou du moins éviter l’effet “putain mais il est ou le bouton Play ?”
UX : User Xperience – effet waouh recherché, ou du moins éviter l’effet “putain mais on fait comment pour le mettre en favori ?”

Hanaë 

Images de 9gag.com

Abonnez-vous à Make it digital

Recevez par email chaque lundi matin l'ensemble des articles publiés sur le blog Make it Digital. La garantie de suivre les dernières évolutions du digital !

Garantie sans spam.

Leave a Comment