Interview de Bruno Walther, CEO de Captain Dash : Les entreprises face au défi de la digitalisation et du big data

À l’heure où les entreprises entament les unes après les autres leur transformation digitale et que la notion de « big data » se démocratise, nous avons souhaité obtenir le regard d’un expert sur ces évolutions. Nous avons interviewé Bruno Walther, CEO de Captain Dash ; une entreprise proposant un dashboard optimisant la collecte, la lecture et l’analyse des données ; qui travaille chaque jour au cœur du digital.

K.P – Bonjour Bruno, tout d’abord, est-ce que tu pourrais nous parler de toi et de ton parcours ?

B.W – J’ai un parcours d’autodidacte. Dit autrement, de cancres. J’ai donc assez tôt été vers l’entrepreneuriat plus par contrainte que par choix. Le seul bénéfice de ne pas avoir de diplôme est que vous êtes obligé de vous créer votre propre emploi. J’ai assez vite développé une double passion pour la technologie d’un côté et pour le marketing de l’autre. Au fil des rencontres je me suis retrouvé à présider les activités françaises de groupes de communication américain, Fcb puis OgilvyOne.

K.P – Est-ce que tu peux nous parler de ton entreprise, Captain Dash et de ce que tu y fais ?

B.W – Captain Dash est né d’un constat. Les managers reçoivent des tonnes de rapports chaque semaine dans leurs boites emails. Ils passent un temps colossale à les traiter. Et ce qui est fou c’est que la manière de traiter et de vivre la donnée n’a pas changé depuis les années 80. On manipule les données dans Excel et on les visualise dans Powerpoint. Notre mission est de remplacer ces tonnes de rapports par des applications intelligentes super simple à utiliser. 

K.P – Captain Dash aurait été inimaginable un siècle plus tôt, à ton avis, quelles sont les raisons qui permettent l’apparition aujourd’hui de ce genre d’entreprises ?

B.W – Le monde de la donnée est marqué par une chute incroyable des coûts. SI nous appliquions la déflation des coûts du monde de la data au monde de l’aéronautique un Boeing 747 acheté en l’an 2000 vaudrait aujourd’hui le prix d’une pizza pepperoni. La rupture fondamentale dans notre industrie est une rupture de coûts. L’argent n’est plus un frein à l’entrée et cela change tout.

K.P – Imagine que je sois un client qui ne connaisse rien à la data. De manière très simple, comment peux-tu me convaincre que j’ai besoin des services et produits de Captain Dash ?

B.W – Souhaitez vous avoir, dans votre poche et en temps réel, les indicateurs clefs qui vous permette de pilotez votre entreprise ?

K.P – Naturellement, tu as dû connaître ton lot de négociations difficiles, quelles sont habituellement les résistances que tu rencontres de la part de tes clients ?

B.W – La plus grande résistance que nous rencontrons c’est : nous vivons très bien sans vous… “Pourquoi devrais-je changer ma manière de travailler ?” s’interrogent souvent les prospects. La difficulté avec des produits de rupture comme Captain Dash est de créer un sentiment d’urgence. De faire comprendre que nous sommes un “must have” et non un “nice to have”.

K.P – Captain Dash a travaillé avec de grandes entreprises (L’Oréal, SNCF, BNP Paribas). Quel est le souci premier de ces entreprises lorsqu’elles viennent te voir et comment est-ce que tu travailles avec elle ?

B.W – L’enjeu des entreprises c’est la complexité. Elles vivent une hyper complexité. Complexité de l’organisation, des couches de commandements, complexité des systèmes d’information, des indicateurs. Nous aidons les entreprises à penser simple.

Nous travaillons avec nos clients en mode agile. Nous faisons des petites itérations et nous tentons d’être extrêmement pragmatiques.

K.P – Lorsqu’on te parle de « révolution digitale », quels sont les trois premiers mots (ou notions) qui te viennent à l’esprit ?

B.W – Clients, clients, clients.

La révolution digitale c’est juste que le client est devenu le patron. Et c’est plutôt une bonne nouvelle. C’est lui qui décide. Un point c’est tout.

K.P – De même, lorsqu’une entreprise décide de s’engager sur la voie de la digitalisation, quelles sont à ton avis les trois pièges ou erreurs à ne pas faire ?

B.W – Le premier est de penser que digitaliser revient à faire de la gestion électronique de document. Dit autrement à digitaliser un parcours client.

Le second est de se noyer dans les buzz word.

Le troisième est penser que le monde est divisé en deux. Les digitaux natifs d’un coté les anciens de l’autre. Bref, oublier d’emmener l’ensemble des collaborateurs dans l’équipe.

K.P – Projetons-nous dans le futur. À ton avis, selon la vision de Captain Dash, à quoi ressembleront les entreprises et l’environnement de travail dans 20 ans ?

B.W – Dans 20 ans, je pense que le concept de salariat, qui est une invention du 19ème siècle qui s’est massifiée au vingtième siècle, aura disparu. Nous le remplacerons par quelques choses d’autres. Que nul ne connait aujourd’hui.

K.P – Enfin, peux-tu donner un petit conseil à ceux qui souhaiteraient postuler chez Captain Dash ?

B.W – Envoyer un email. C’est par là que tout commence. Après un recrutement c’est une rencontre. Il n’y a pas vraiment de règle.

 

 

Propos recueillis par Khanh Picard

 

Pour en savoir plus sur le Big Data, n’hésitez pas à regarder cette vidéo :

Abonnez-vous à Make it digital

Recevez par email chaque lundi matin l'ensemble des articles publiés sur le blog Make it Digital. La garantie de suivre les dernières évolutions du digital !

Garantie sans spam.

Leave a Comment