Interview : Amixem nous raconte sa vie de YouTubeur

Amixem, anagramme de Maxime, c’est son nom de scène. Il vient de franchir la barre du million d’abonnés sur YouTube. Des vidéos de gaming sur YouTube aux vidéos Snapchat, Victor a récupéré pour vous la recette de son succès.

Mon parcours de YouTubeur


audencia-marketing-digital-master-specialise-amixem-youtube-youtubeurVictor : Est-ce que tu peux nous raconter ton parcours
 ?

J’ai fait bac S à Angers, ensuite je suis parti sur deux ans de finance bac+2 DUT à Angers et puis j’en ai eu marre. Je kiffais bien la comm’ et le marketing, du coup j’ai passé les concours de SciencesCom à Nantes et j’ai été pris. Je suis alors parti sur un master Web Marketing. En Web Marketing, c’est toujours un peu vendeur si tu as réussi à faire une petite communauté, ne serait-ce que de 1 000 personnes. Dans un entretien d’embauche, ça peut toujours peser dans la balance surtout quand tu veux travailler dans l’industrie du jeu vidéo.

J’ai lancé ma chaîne YouTube en 2012-2013 pendant que j’étais à SciencesCom, avec mon coloc’ de l’époque Emilien. Ça a commencé avec des vidéos de gaming où on partageait les parties qu’on faisait sur Battlefield. L’idée, c’était de capitaliser un peu sur tout le temps que je passais sur les jeux vidéo, enfin, que j’en fasse quelque chose quoi ! Ça a mis pas mal de temps à prendre… En fait, c’est seulement à la moitié de l’année 2013 que ça a commencé à monter tranquillement jusqu’à 10 000 abonnés.

A ce moment, c’était encore du gaming, sur Battlefield et puis pas mal de montage, des machinimas (du détournement de cinématiques de jeux vidéos à la manière de Mozinor, en faisant du doublage). C’est ce qui a fait décollé ma chaîne au début.  Ensuite, j’ai fait du Role Play (du théâtre d’impro mais dans le jeu vidéo). Ça a porté ma chaîne jusqu’à, à peu près, 200 000 abonnés. J’ai un peu fait un virage à 90° niveau édito. Je suis ensuite passé à du vlog (reportage vidéo amateur), à des vidéos autour de la musique et à de la « gamification » de trucs qui sont à la base, pas du tout des jeux, comme Snapchat ou Periscope. Sur toute l’année 2015, ça a bien pris sur certains de ces concepts. De cette manière, la chaîne a bien monté jusqu’à atteindre 500 000 abonnés en décembre. Puis ça a totalement explosé sur la période décembre-janvier grâce à beaucoup de vidéos.

V : Et ta première vidéo, c’était quoi ?

C’était avec un pote de l’IUT, sur Borderlands, un jeu de coopération plutôt cool et elle est toujours sur la chaîne d’ailleurs.

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Cri de victoire au passage du million d’abonnés cette semaine

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V : C’est quoi la clé du succès ?

J’ai compris qu’il ne fallait surtout pas que je m’enferme dans un style particulier, enfin que je me colle une étiquette. En fait, il y a des tonnes de YouTubeurs qui en ont une. Et si jamais le succès de ta chaîne est lié à cette étiquette, le jour où le concept de celle-ci s’arrête, tout s’arrête pour toi… Dans ce qui a bien marché, il y a donc eu les vidéos Periscope, les vidéos Le Bon Coin, les vidéos « Je regarde vos vidéos », les concepts du style « comment était Internet il y a 10 ans ? ». Bref, les concepts où tu fais de l’exploration et de la gamification. Ça a fait des petits buzz qui sont devenus de plus en plus gros. C’est ainsi qu’à chaque fois, tu touches des nouvelles personnes qui s’abonnent à ta chaîne et ainsi de suite.

En fait, c’est exponentiel : plus tu as des abonnés à la base, plus ça va vite. Ça ne s’est jamais vu de prendre 500 000 abonnés au lancement de ta chaîne. En revanche, c’est beaucoup plus facile de prendre rapidement, en 2 mois, 500 000 abonnés, de 1 million à 1,5 million.
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V : Qu’est-ce que tu conseillerais à un jeune YouTubeur qui veut se lancer là-dedans ?

Hum… de le faire à perte, en tout cas au début. Il ne faut absolument chercher aucun retour sur investissement à part le plaisir que te procure le fait de faire des vidéos. C’est tellement compliqué de sortir du lot, d’être propulsé par l’algorithme Youtube, surtout aujourd’hui. Il ne faut mieux ne pas en faire une affaire d’état et si ça prend, ok.

V : Quels sont tes sources d’inspiration ? Il y a des YouTubeurs que tu suis régulièrement ?

Je regarde les vidéos de mes potes parce que c’est sympa. Il y a SUP3R KONAR !Le Bled’Art, les crew gaming qui ont plus d’un million d’abonnés. Après, je regarde énormément de YouTubeurs américains, les grosses références du gaming, vlog, humour, enfin tout ce que je fais comme CaseyNeistat, Markiplier, Jacksepticeye, PewDiePie.

YouTubeur, c’est mon métier

V : Et du coup, aujourd’hui tu ne vis que de ça ?

Oui complétement. J’ai créé une société pour ça. C’est un truc important à cerner : entre le chiffre d’affaires et le résultat net, il y a une énorme différence. Sur le net, tu prends un salaire que tu détermines et tu laisses de l’argent dans ta société pour l’investir dans d’autres projets (des vidéos qui vont coûter plus cher ou des voyages pour porter ta chaîne). Donc le salaire que tu te prends pour le mois n’est pas ce que tu gagnes.

La règle du 1 dollar pour mille vues, pour moi c’est totalement vrai. Actuellement, je fais 14 millions de vues par mois donc ça fait à peu près 14 000 €. Au niveau des impôts, c’est environ 50% qui partent en RSI, en URSSAF, etc. Et puis il y a des charges, notamment le loyer du studio que j’utilise pour faire mes vidéos. Enfin, sur le reste, j’essaye de me prendre 2 000 € par mois pour faire monter ma trésorerie.

V : Ça te prend combien de temps de préparer une vidéo ?

En général, une vidéo, c’est 2 jours. Il faut d’abord l’idée, puis il y a le tournage, la conversion, le montage, la partie métadonnées qu’il faut bien travailler avec titre, description, tag, la miniature, la planification… Enfin, tous les trucs cons qui te prennent facile une heure et demi. Et ouais du coup, ça peut rentrer dans une grosse journée de 9h-22h. Mais en général, c’est plus sur 2 jours si tu veux peaufiner. En fait, ça dépend de la durée de la vidéo mais aussi du sujet.

J’ai sorti une vidéo, sur un jeu indé qui s’appelle A Normal Lost Phone, un jeu d’enquête. Cette vidéo m’a pris énormément de temps parce que  il y avait 4 heures de tournage donc il fallait bien « couper dans le lard » pour avoir un truc rythmé.

V : Tu as l’air débordé…

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Ouais plutôt. Chaque jour, je me lève à 7h-7h30, je prends le tram et je vais à mon studio. C’est con mais avec ce métier-là, tu as vite fait de rester enfermé chez toi toute la journée. Maintenant, au moins, je vais au boulot. Je commence à 9h et je le quitte à 20h en moyenne. Ça passe vite !

Là, pour l’instant, je suis sur un gros projet de développement d’une nouvelle chaîne. Malheureusement, je ne peux pas t’en parler mais c’est coûteux et ambitieux. C’est simplement un concept que je porte donc j’ai pris des forces vives (des auto-entrepreneurs et des stagiaires) pour faire ça.

Après, j’ai mes propres projets créatifs. Je veux faire ma vidéo des 1 million d’abonnés, des clips musicaux humours mais également de l’événementiel. Je suis sur plusieurs fonds, parce que je n’ai pas que ma chaîne. Il y a Pizza Guys qui est une chaîne gaming appartenant à un Multi Channel Network. En fait sur ça, je prends juste un cachet et je fournis un nombre de vidéo par mois. Ensuite, j’ai la chaîne The Fantastics qui appartient à une boite de prod’ sur laquelle je bosse en tant que pseudo-acteur.

La semaine prochaine, je suis à Los Angeles, et la semaine d’après je pars en Islande. Enfin ma vie, c’est une semaine de travail pour compenser la semaine d’absence d’après. Donc je travaille deux fois plus les semaines où je ne pars pas. Je n’ai pas le temps d’aller à la poterie le samedi quoi.

C’est un boulot à plein temps et puis le boulot en lui-même est fait de pleins d’activités différentes entre les tournages et les opérations spéciales de marque. Tu vois, il y a 2 semaines j’étais à Marrakech, à Stockholm et Londres en janvier. Tout ça pour des placements de marques. C’est vraiment cool, mais c’est une vie rythmée. Il faut le faire maintenant quand tu peux et après, on va calmer un peu le jeu.

V : Parle nous un peu des propositions commerciales que tu reçois.

Dans l’industrie du jeu vidéo, cela arrive tout le temps grâce au passif “gaming” de la chaîne. Je reçois très rarement des fringues mais plus des drones, le HTC Vive, les casques de réalités virtuelles comme l’Oculus, des téléphones Asus, etc. C’est très souvent du Hi-tech, et majoritairement de la part des éditeurs et constructeurs de jeux vidéo, comme Microsoft, Sony, Ubisoft, Electronic Arts, Square Enix, etc.

V : Merci Amixem pour cette interview. Si on veut suivre ton actualité et voir tes vidéos, on va où ? 

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Sur YouTube, c’est là où vous trouverez toutes mes vidéos

Amixem
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Sur Twitter, c’est mon réseau social favori

@_Amixem
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Sur Snapchat, n’hésitez pas à m’envoyer vos snaps

AMIXEMSNAP

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Sur Facebook, même si je déteste ce réseau social.

Amixem



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Auteurs : Victor Brécheteau et Caroline Cerbelaud pour l’équipe PayeTonGif
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