Les femmes dans les métiers du numérique

Cette année, la journée internationale des droits des femmes a pour thème « Penser équitablement, bâtir intelligemment, innover pour le changement ».  Penser équitablement n’est définitivement pas le cas pour les professions du numérique ! La présence des femmes dans les métiers du numérique ne cesse de baisser et le sexisme de se faire ressentir.  Malgré les nombreuses mesures en place, les préjugés sont encore très présents et l’écart significatif.

Le constat

Le constat ? Seulement 15% des femmes qui occupent un emploi dans le numérique sont à des postes techniques. De plus, elles ne sont que 33% dans ce domaine. Cette sous-représentation a des conséquences : l’ambiance de travail est souvent mauvaise et l’acceptation par les collègues masculins inexistante. Cela incite alors de nombreuses femmes à se rediriger dans d’autres métiers suite à une mauvaise expérience.

Depuis quelques années, de nombreuses initiatives ont alors vu le jour afin d’inverser la tendance. Par exemple, des groupes de femmes se sont créés tels que Women on Rails par exemple.

Cependant, malgré ces initiatives, la tendance n’a pas l’air d'évoluer. La mise en place d’une discrimination positive avec des quotas semble alors nécessaire pour faire changer les choses. Cependant les quotas peuvent poser problème au niveau de la légitimité des femmes, qui, une fois en entreprise, peuvent se demander si “on les sollicite pour leurs compétences ou parce qu’elles sont femmes”. De plus, se faire accepter par les hommes dans l’entreprise peut être d’autant plus difficile dans cette situation. Il est alors question d’aller plus loin et de sensibiliser les femmes toujours plus tôt, dès le collège par exemple, pour favoriser les différentes orientations.

L'exemple de l'intelligence artificielle

Prenons l’exemple de l’intelligence artificielle.

Actuellement, le secteur de l’intelligence artificielle est dominé par les hommes qui sont à la fois plus nombreux et à des postes plus élevés. Il a été démontré que les femmes sont discriminées dans ce domaine. Par exemple Amazon s’est aperçu de la discrimination de ses programmes de recrutement automatisés qui pénalisent le mot « féminin » dans les CV.

Ce manque de femme dans le secteur peut poser problème et, selon Joana Kirck, co-directrice de StartHer « Si les femmes ne participent pas à une réflexion en amont, la technologie ne sera tout simplement pas représentative de nos société »

Aujourd’hui, selon des experts de la Tech, l’intervention des femmes dans l’IA serait plus bénéfique une fois l’aspect technique réalisé. L’idée ici est de dire que les hommes s’occupent des compétences techniques et sont ainsi plus nombreux dans la phase de création et de conception car c’est leur domaine. A l’inverse, les femmes interviennent pour perfectionner la technologie car elles possèdent davantage de compétences émotionnelles et relationnelles comme le souligne Andrew Haldane. Encore une fois, cela est très stéréotypé et on préférera retenir la proposition de Sarah O’Connor : « Si l’on dit aux filles que coder n’est pas uniquement une affaire de garçons, alors pourquoi ne pouvons-nous pas dire la même chose aux garçons au sujet de l’empathie ? »

Le problème de l'orientation

En cette journée internationale des droits des femmes, nombreux sont les discours sur le manque de femmes dans certains métiers mais il est important de rappeler que si les femmes sont sous représentées dans certains métiers comme ceux du numérique par exemple, elles sont en revanche surreprésentées dans d’autres secteurs tels que le service à la personne (90%) ou encore l’enseignement primaire (84% des professeurs des écoles sont des femmes).

On pourrait alors se demander si cela n’est pas simplement une affaire de goûts. Les femmes sont peut-être moins intéressées par le domaine des nouvelles technologies car elles y sont moins confrontées et inversement pour les hommes et l’aide à la personne. L’origine de ces écarts selon les secteurs remonterait alors au moment de l’orientation. En effet, l’orientation des étudiants se fait très tôt et à ce moment-là, les idées des secteurs et les compétences demandées pour certains métiers sont « genrées ». Les élèves souhaitent ainsi entrer dans les normes et se dirigent assez naturellement vers des métiers indiqués comme correspondants à leur genre. L’enjeu est alors plus grand puisque c’est la redéfinition des normes et la suppression des préjugés très tôt dans l’orientation qui auraient certainement l’impact le plus fort.

Cassandre Gellée pour Digital&Me

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