La technologie au service de notre cerveau ou comment booster ses capacités cérébrales ?

Une croyance populaire raconte que l’être humain n’utiliserait actuellement que 10% de ses capacités cérébrales. S’appuyant sur cette légende, notre société avide de progrès, technologique comme scientifique, nous abreuve de solutions fictives : des oeuvres telles que Black Mirror, série aux millions de téléspectateurs sur Netflix, nous mettent en garde contre les limites des avancées technologiques visant à contrôler notre intellect, et leurs conséquences sur la société. Mais comment appréhender alors une révolution technologique cérébrale qui serait, cette fois ci, bel et bien réalité ? 

J’ai rencontré le CEO de HUMM lors de mon échange en Australie : ce dernier nous propose une solution intéressante. 

http://www.dieweltistwasgemachtes.de/transhuman/

Qui est HUMM Tech ? 

Cofondé en 2015 par Ian McIntyre, Tim Fiori, Ahmud Auleear et Chris Norman dans un laboratoire de l’université d’Australie Occidentale à Perth, HUMM est désormais basé dans la Silicon Valley. Soutenu par l’accélérateur SkyDeck de l’université de UC Berkeley et entourés de chercheurs en neurosciences de l’université de San Francisco, la startup propose une technologie qui fait rêver. Sa vision est simple : remplacer les médicaments et les suppléments alimentaires par une technologie plus saine et plus sûre qui boosterait nos capacités mentales.

Comment ça marche?  

HUMM fait appel à une technique appelée TACS, anglais pour “stimulation transcrânienne à courant alternatif”. C’est une forme non-invasive de stimulation cérébrale par courants électriques, qui permet d’améliorer l’activité du cortex préfrontal. Cette partie du cerveau étant responsable entre autres de l’apprentissage, de la prise de décision ou encore de notre capacité à trouver des solutions aux problèmes que l’on rencontre. 

Cette pratique était auparavant utilisée pour traiter des cas de dépression ou d’insomnies mais il a récemment été démontré qu’elle apportait également des avantages cognitifs.  Ces stimulations amplifient les schémas des ondes cérébrales responsables du traitement de l’information et de l’amélioration de la mémoire de travail. Elles permettent ainsi aux utilisateurs d’atteindre des performances mentales optimales. Le bandeau aide non seulement à stimuler le cerveau, mais il fournit également des alertes et des suggestions en suivant l’état cognitif d’un utilisateur. Il rend de plus compte de sa concentration, de sa fatigue et de son stress au fil du temps.

 Quel avenir pour cette technologie ?

Après avoir fait des tests sur 30 000 personnes, la Food and Drug Administration, organisme américain chargé de contrôler la conformité des médicaments, a accepté HUMM comme alternative aux médicaments pour les personnes en bonne santé.  Les patchs permettent une amélioration significative et reproductible de la mémoire de travail.

Malgré le fait que les tests aient été positifs pour la majorité, il est également essentiel d’aborder la question de l’éthique. Car innover en matière de médecine, c’est aussi une responsabilité. Certains progrès peuvent avoir des conséquences lourdes d’un point de vue sociétal. L’usage de cette technologie est donc encore trop récente pour pouvoir déterminer les possibles effets secondaires et/ou néfastes. 

HUMM tech serait-elle donc la première application du transhumanisme ? D’après Jean-Claude Heudin, directeur du laboratoire de recherche de l’IIM (Institut de l’Internet et du multimédia), le transhumanisme serait “un ensemble de techniques et de réflexions visant à améliorer les capacités humaines, qu’elles soient physiques ou mentales, via un usage avancé de nanotechnologies et de biotechnologies.”.

Le film Lucy de Luc Besson met en exergue ce transhumanisme : après avoir ingéré une molécule chimique, les facultés psychiques, mentales et physiques de Lucy se trouvent décuplées. La théorie est donc que l’homme n’utiliserait que 10% de ses capacités cérébrales, et que Lucy (qui disparaît dans l’espace-temps) serait le futur.

Toutefois les réflexions sont poussées bien plus loin. Pour les fervents défenseurs du transhumanisme, les maladies, les limites de l’Homme ou même la mort sont des éléments indésirables que l’on se doit de gommer. Ainsi, une augmentation de nos capacités cérébrales pourrait-elle être dangereuse pour la société ? Il s’agit de ne pas empêcher le progrès tout en régulant les avancées pour la protéger.

(Français)
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