Start-ups et coronavirus : David face à Goliath ?

Baisse de 35% de la consommation des ménages, chômage partiel pour 7 millions de Français, et pertes estimées à 3 points de PIB : autant de chiffres qui font froid dans le dos et qui révèlent l’impact du Coronavirus sur notre économie. Face à cette crise sans précédent, les entreprises doivent s’adapter pour relever chaque jour de nouveaux défis et se préparer à l’après-covid. Une question se pose alors : quid des start-ups, fleurons de notre écosystème français ?

Victimes de première ligne ou uniques structures capables de s’adapter à un tel bouleversement ? Les trois articles suivants nous permettront d’analyser la situation paradoxale de ces structures. 

Dans son article pour l’Usine Digitale « Covid-19, le gouvernement débloque 4 milliards d’euros pour aider les start-ups », Léna Corot fait un point sur les actions de soutien aux start-ups menées par l’État français. Entrons un peu dans les détails. 160 millions d’euros seront destinés au financement des bridges, prêts à court terme contractés entre deux levées de fonds. De plus, ces start-ups pourront bénéficier d’un versement anticipé des différentes aides et crédits d’impôt, notamment le CIR à hauteur de 1,5 milliard d’euros. Enfin, celles-ci pourront jouir de prêts de trésorerie garantis par l’Etat : l’enveloppe s’élève à 2 milliards d’euros. Ces mesures ne seront peut-être pas suffisantes pour maintenir à flot l’intégralité des jeunes pousses françaises, dont la trésorerie est touchée de plein fouet par la chute de l’activité. Cependant, il s’agit d’une garantie considérable et rassurante, qui permettra à bon nombre d’entre elles, de surmonter cette crise !

 

Dans son article pour Forbes « Startup : Et si finalement elles sortaient gagnantes de cette crise ? », Denis Gallot, directeur du Startup Lab de Neoma Business School, avance l’hypothèse suivante : le confinement aura un impact durable sur les habitudes de consommation des français. Plutôt que de se ruer dans les magasins dès le 11 mai, pour rattraper le temps perdu, ceux-ci adopteront une consommation plus raisonnée, davantage axée sur la nécessité que sur le plaisir. Les entreprises devront donc s’adapter à ces nouveaux comportements, et faire preuve d’agilité pour continuer à séduire les consommateurs. Petite structure, prise de décision facilitée et flexibilité dans les process seront autant d’atouts pour réussir ce changement. Aujourd’hui, ce sont les start-ups qui semblent les plus à même de se remodeler rapidement !

Dans son article pour e-marketing.fr « TV, radio, presse et social media : l’impact publicitaire du confinement détaillé  », Clément Fages souligne un étrange paradoxe : alors qu’on observe une hausse de 46% du nombre de téléspectateurs, le nombre d’annonceurs a lui chuté de 10% depuis le début du confinement. Pourquoi les canaux de communication traditionnels enregistrent-ils un tel déclin d’attractivité ? Il semblerait qu’en cette période de distanciation sociale, les réseaux sociaux soient bien plus pertinents pour répondre aux attentes des consommateurs, en quête d’interaction et de proximité ! Cela, les start-ups l’ont bien compris, et font preuve d’une inventivité débordante pour tenir en haleine leur communauté. Concours, défis, lives, contenus positifs et actions solidaires : les initiatives ne cessent de fleurir. Une forte capacité d’adaptation, une pleine maîtrise des réseaux sociaux, ainsi qu’un état d’esprit innovant : tel est le combo idéal pour une communication pertinente en temps de crise. Les start-ups paraissent en effet les plus à même de trouver les bons mots pour parler à leur communauté et leur faire oublier, le temps d’un live ou d’un challenge, les nouvelles anxiogènes qui s’affichent chaque jour sur leur poste de télévision !

Au terme de cette revue de presse, il est possible de nuancer les propos alarmants sur l’avenir de notre Start-up Nation. Les jeunes pousses françaises sont fortes d’atouts, qui leur permettent aujourd’hui de transformer chaque difficulté en opportunité, et demain peut-être, de sortir moins perdantes que d’autres de cette crise ! 

 Marine Fournet

Leave a Comment