Medtech, e-santé : et si notre futur médecin était un robot ?

La médecine est le secteur qui sera probablement le plus impacté par l’innovation et les nouvelles technologies dans les années à venir. Les start-ups qui se lancent dans la digitalisation médicale sont nombreuses et notre carnet de santé sera bientôt dématérialisé. Alors que les machines assistent de plus en plus les praticiens dans leurs consultations et opérations, on peut se demander si elles remplaceront un jour leur rôle. Alors, à quand un robot médecin ?

Cette semaine, nous vous expliquons en détail dans quelle mesures les nouvelles technologies et notamment l’intelligence artificielle ont déjà commencé à révolutionner le monde de la santé. 

 

 

L’intelligence artificielle, nouvel eldorado de la médecine ?

En termes d’utilisation de l’IA, le CHU de Strasbourg, connu pour son innovation de pointe, est un exemple. L’IRCAD (Institut de Recherche contre les Cancers de l’Appareil Digestif) qui y est installé a notamment impressionné par ses travaux de chirurgie guidée par l’image. La machine a été entraînée pour reconnaître et repérer les différents organes abdominaux. L’établissement a également mis en place plusieurs dispositifs connectés pour surveiller des patients diabétiques ou atteints d’insuffisance cardiaque grâce à des outils numériques.

La médecine identifiée par les GAFA comme un enjeu majeur de demain 

Les GAFA ont bien compris que se positionner sur le secteur de la médecine était aujourd’hui essentiel. En mars 2019, Apple a dévoilé les résultats de son étude sur la nouvelle fonctionnalité de l’Apple Watch : l’électrocardiogramme. La montre connectée, qui peut maintenant détecter un signal électrique passant à travers le cœur, a repéré des symptômes de troubles cardiaque chez 2160 personnes (sur 419 000 participants) et les a invités à consulter. Fitbit qui appartient à Google a quant à lui développé des bracelets capables de prendre la tension artérielle.

Mais faut-il faire confiance à la machine quand on parle de médecine ?

Si les praticiens reçoivent ces innovations de pointe de manière plutôt positive, ils tiennent souvent à rappeler que la plupart de ces technologies s’insèrent dans une logique de pré-diagnostique ou d’assistance, mais ne remplacent en aucun cas une vraie expertise. Les machines relèvent des données et vont parfois jusqu’à les analyser mais un contrôle est et restera nécessaire pour valider ces hypothèses, du moins pour le moment. 

Le regard de Benoît Régent (Directeur du département Change Prospective chez Dentsu Consulting France) sur le sujet

On observe un phénomène mondial assez inévitable, et en effet l’intelligence artificielle y joue un rôle majeur. Ce qui est vraiment intéressant dans l’avancement de la médecine ce sont les logiques prédictives qui essayent d’identifier la maladie avant qu’elle ne puisse arriver, on remarque beaucoup de projets notamment dans l’oncologie. Par exemple, une machine qui identifierait si une tumeur est bénigne ou non permettrait au médecin de se concentrer sur l’humain et le réconfort du patient. Pour cela, il faut entraîner les machines dans une logique de machine learning (lien article machine learning), et donc récolter beaucoup de données grâce à des patients qui accepteraient de porter des objets connectés. On remarque ici l’enjeu du consentement à l’heure où la question du traitement des données personnelles est sur toutes les lèvres.

Et pour rebondir sur le sujet de l’acceptation des médecins, on remarque quand même un vrai clivage entre les nouvelles générations de médecins et les anciennes à propos des risques et des opportunités de la médecine connectée. Les anciens vous diront que l’on ne pourra jamais remplacer une consultation face à face, un diagnostic avec un médecin en physique alors que les les jeunes ont bien compris que l’idée était plutôt de rentrer dans une relation quotidienne avec le patient. Pour eux, le médecin deviendrait un peu un coach santé au quotidien dans une logique de prévention plutôt que de traitement, sur beaucoup d’aspects différents : arrêter de fumer, mieux manger, faire suffisamment de sport etc. Donc en fait, le médecin de demain ne serait pas un robot, ce serait plutôt un coach santé augmenté par de la technologie dans votre poche, améliorant la santé des français au quotidien. 

Sources :

(Français)
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