Le coronavirus : vers une généralisation de la médecine connectée ?

D’après une étude GFK de 2019, le marché des objets connectés est en plein boom, bénéficiant d’une croissance de 17% entre 2017 et 2018. Cette croissance risque sûrement de s’installer en raison de l’épidémie de COVID-19 Le coronavirus sévit dans le monde entier depuis maintenant plusieurs mois et différents décrets ont été pris en France pour endiguer l’épidémie. Le dernier discours d’Edouard Philippe du 23 mars 2020 marque un durcissement des mesures de confinement. A ce jour, les Français voient leurs déplacements fortement réduits. 

S’ils peuvent travailler à distance, il leur est demandé d’opter pour le télétravail. Parallèlement, de nombreux commerces ont fermé et seuls les commerces de denrées nécessaires (principalement alimentaires) maintiennent leurs activités.

Dans ce contexte de restrictions, il est conseillé d’éviter de se déplacer sur de longues distances, et d’annuler tous les projets qui impliquent un contact avec autrui.

Qu’en est-il des rendez-vous médicaux ?

Ouest France met en évidence le fait que certains médecins généralistes continuent d’exercer leur profession mais que les patients semblent avoir peur de fréquenter leurs cabinets. En réponse à cette peur d’être contaminés ou de surcharger les médecins, les téléconsultations se développent

Une téléconsultation est un rendez-vous à distance avec son médecin, via visioconférence. Cela permet un examen médical général pour évaluer les symptômes et les risques liés au patient. L’avantage est que le système de frais médicaux est le même qui s’applique aux consultations physiques. Ce système était jusqu’alors moyennement développé car les médecins devaient payer le service de téléconsultation s’ils souhaitaient le mettre en place.

Des plateformes de rendez-vous médicaux en ligne privilégient déjà les téléconsultations. Comme Doctolib, qui a rendu gratuit le service de téléconsultation auprès des médecins, ou CompuGroup Medical, Qare, ConsuLib et bien d’autres… 

Le ministre de la santé, Olivier Véran, lors d’une interview accordée à France Info, a par ailleurs autorisé les téléconsultations médicales via des applications de la vie quotidienne comme Whatsapp ou Facetime, en dépit des recommandations de la CNIL sur la protection des données personnelles. Les Français peuvent donc consulter leur médecin traitant, même à distance, en période de confinement.

Mais plus encore…

D’autres systèmes connectés s’installent peu à peu dans le milieu médical pour répondre aux besoins des Français. Une start-up, Medadom, connaît une croissance de plus de 300% depuis le début de l’épidémie grâce à la commercialisation d‘une borne médicale connectée auprès des pharmacies. 

Medadom propose des téléconsultations auprès de patients qui se rendent en pharmacies. La borne connectée dispose de 6 appareils permettant la consultation médicale : 

  • un thermomètre
  • un dermatoscope
  • un stéthoscope
  • un otoscope
  • un oxymètre
  • un tensiomètre

Les données sont ainsi transmises en temps réel à un médecin qui peut émettre un diagnostic. Cela permet de rendre les téléconsultations plus précises. Ces bornes connectées devraient être installées dans 2000 pharmacies d’ici la fin de l’année afin de permettre un accès plus facile aux téléconsultations. Nous avions déjà abordé le sujet de l’IoT et de ses impacts

Dans le cas de Medadom, bien que très utile, ce type de dispositif peut toutefois poser la question de la gestion des données personnelles, comme le soulève Presse-citron. Aux Etats-Unis, les données liées aux thermomètres connectés peuvent être revendues à des entreprises à des fins marketing. Ce n’est pas le cas en France mais il peut tout de même s’agir d’un frein dans l’esprit du patient pour utiliser cette nouvelle technologie.

Montre connectée

Une autre innovation connectée est proposée par l’ingénieur Eric Careel, interviewé par France Info. Co-fondateur de l’entreprise Withings, il a récemment développé une montre médicale connectée. Cette montre comporte un détecteur de rythme cardiaque et un détecteur de saturation en oxygène, afin de prévenir les éventuelles contaminations par le COVID-19. Elle pourrait être lancée en France courant mai.

En Dordogne, Vincent Lacoste, un médecin urgentiste, met à disposition sa valise connectée, la Smart Case, pour les infirmiers libéraux de la région. Cette valise connectée a la particularité de fonctionner sans se connecter au réseau Internet, ce qui facilite les prises en charge médicales dans une telle région. Par ailleurs, elle peut non seulement détecter les maladies telles que le COVID-19 mais déjà proposer certains traitements pour le patient, ainsi qu’enregistrer son suivi.

La médecine connectée après le coronavirus ?

Ces initiatives se développent en réponse à une forte demande de matériel médical sur le territoire français. Cependant, nous savons pertinemment que cette crise ne va pas durer. Que va-t-il advenir de ces dispositifs médicaux lorsque l’épidémie aura ralenti ? Pensez-vous qu’il serait possible d’envisager une nouvelle vision de la médecine, intégrant automatiquement les objets connectés ? Les téléconsultations pourront peut-être se démocratiser et permettre un accès digitalisé et performant aux diagnostics.  

 

Lucie Redois

(Français)
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