À la découverte des développeurs, l’un des métiers essentiel du digital

Interview de Jean-Baptiste Musso, développeur et Co-Fondateur de TCM Labs, conseil en automatisation d’infrastructures informatiques et développement web.

Bonjour Jean-Baptiste ! Pour commencer, est-ce que tu pourrais nous en dire un peu plus sur ton métier de développeur, notamment au sein de TCM Labs ?

Mon travail est d’accompagner des équipes, majoritairement techniques, dans la création de produits sous forme d’application web. Pour cela, j’utilise des méthodologies et outils qui permettront de maximiser le résultat pour une somme X investie. J’accompagne ces équipes sur trois plans : le développement de l’application, la modélisation des données qu’elle traite et l’automatisation de son déploiement sur des serveurs.

Je n’ai pas très bien compris ce qu’était l’automatisation, peux-tu nous expliquer ?

L’automatisation, c’est le développement d’un programme ou le recours à des outils afin d’effectuer des tâches répétitives et prévisibles durant le développement et le déploiement d’une application. Cela permet d’éviter les erreurs lors de la livraison, de livrer plus vite et plus souvent. C’est comme passer de l’artisanat, où toutes les pièces d’un produit sont fabriquées à la main, à un système de production d’usine ou la plupart des pièces sont créées et assemblées automatiquement. On produit plus, plus vite, et le produit est toujours conforme au plan initial.

Tu t’es tout de même spécialisé au cours de ta carrière. Est-ce que tu pourrais nous donner une définition plus globale du métier de développeur ?

Pour moi, un développeur est avant tout quelqu’un qui doit comprendre pourquoi il fait de la technique. Autrement dit, qui saisit les besoins de l’utilisateur final. La technique vient dans un second temps. Le développeur doit être humble et curieux, c’est grâce à cela qu’il va trouver les meilleurs outils. Mais il doit aussi être un curieux un peu feignant, c’est grâce à cela qu’il va optimiser les résultats !

Selon toi, y a-t-il différents types de développeurs ?

"Ce qui fait un bon développeur, ce n’est pas sa technique mais sa curiosité."

Pour moi, il n’y en a pas. Si le développeur est humble et curieux, il apprendra à maîtriser les langages et les technologies nécessaires pour réaliser son projet. L’expérience est essentielle.

Pourtant on entend souvent des mots comme développeur « front-end » ou développeur « back-end », cela n’est plus d’actualité ?

On désigne souvent le front-end comme la partie visible, comme l’interface utilisateur, et la partie back-end comme la partie invisible d’un produit pour l’utilisateur. Cependant, un bon développeur doit être capable d’intervenir sur n’importe quel sujet, d’être « full-stack » (ndlr : un développeur à la fois front-end et back-end). En réalité, la frontière entre le back et le front tend à disparaître avec le développement de nouveaux outils et façons de faire.

Quelle formation as-tu suivi pour être dev ?

Je suis autodidacte, j’ai commencé à écrire mes premières lignes de code vers 7-8 ans. On rencontre souvent des développeurs qui se sont formés seuls, mais je pense que faire une école est tout de même avantageux. Les écoles apportent des savoirs théoriques utiles, qui permettent d’appréhender plus facilement certains sujets ardus. Il y a bien-sûr les grandes écoles d’ingénieurs généralistes, mais les écoles spécialisées comme Épita ou Épitech forment également d’excellents développeurs.

Un « gros mot » que tu ne parviens pas à expliquer aux Marketers ?

Le « refactoring ». Dans le développement d’une application, on peut très souvent améliorer la lisibilité du code et créer des fonctionnalités génériques. Celles-ci pourront être utilisées plus facilement ailleurs dans cette application. Le refactoring permet de généraliser la solution apportée à un problème. Cela fait peur aux marketers et au business car le refactoring génère des coûts à court terme et ne créé pas immédiatement de la valeur. Cependant, à long terme, cela permet de créer beaucoup plus de valeur. Le refactoring est en fait une composante essentielle de la programmation.

Quelle difficulté rencontres-tu lorsque tu travailles avec des Marketers ?

L’illusion de facilité ! Avec le développement d’outils qui permettent de réaliser rapidement des sites ou autres, on a l’impression que l’on peut tout créer avec quelques lignes de code. Pour mon cas, notamment dans le développement d’applications frontend, le travail peut être très complexe et sollicite des compétences rares sur le marché. C’est également difficile d’estimer le temps nécessaire car on ne peut pas toujours anticiper les difficultés que l’on va rencontrer.

Propos recueillis par Marianne CESTO-VINCENT et Florine DUBUISSON

 

 

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