Dating : de la réalité au digital… puis à la réalité !

Plus la peine de sortir tous les soirs et de vous prendre des râteaux en direct pour rencontrer l’âme soeur, c’est beaucoup plus facile, rapide et efficace depuis son smartphone, non ? Telle était la promesse du géant Tinder dont l’application s’étend à travers tout le globe depuis 3 ans. Pourtant depuis son succès incontesté, de nombreuses applications réinventent la rencontre à l’ère 3.0 sur un principe de moins en moins digital. Serait-ce le comble? 

Tinder : la drague 3.0.

Après le succès des sites de rencontre tels que Meetic ou Adopteunmec, Tinder anticipe l’explosion du mobile et lance en 2012 une application de rencontre de grande consommation. Un hypermarché de la drague où l’on sélectionne son produit en un claquement de doigt, où l’on consulte une fiche produit en 5 photos et une baseline et où l’on bénéficie même d’un service après-vente en cas d’affinité mutuelle ! Hypermarché car avec 40 millions d’utilisateurs actifs par mois en 2015 et plus de 120 millions de “swipes” par jour (action de liker une personne ou non), la gamme de choix est large et la clientèle friande.

Comme tout hypermarché la polémique a vite fait d’être suscitée : Le supermarché du datingcomment faire comprendre à nos grands parents qui écrivaient des lettres, à nos parents qui n’avaient que le numéro de téléphone fixe pour approcher leur douce (et plus souvent tombaient nez à nez avec le père) que pour nous c’est Tinder, la drague simultanée de 8 inconnues en même temps, le tout assis sur le trône. La grande classe.

Avec Tinder, le digital pose le problème d’une consommation de masse et aveugle : plus vite, plus de monde, la rencontre en devient pervèrse et le digitale dénature l’authentique. L’humain devient un produit qui s’auto-market puis se jette.

 

Réintégrer un brin de réalité : l’exemple des start-ups françaises

Il y a 2 ans Happn se lance avec la proposition de retrouver les personnes que vous avez croisés dans la rue, la promesse de donner suite à ce regard qui vous aviez échangé dans la rue et qui aurait pu aller plus loin si vous aviez eu le temps ou le courage d’aborder la personne. Happn rencontre un véritable succès et a levé depuis sa création 20,5 millions de dollars pour s’étendre à l’international.

Happn est en somme plus un supermarché, toujours un lieu de consommation mais à une échelle réduite, qui nous permet de retrouver ceux que l’on a déjà croisés.

Happn, un retour vers la réalité

Plus récemment, Once pousse le recentrage de la rencontre sur l’humain en ne proposant qu’un seul match par jour sur une base de critères présélectionnés. Vous n’avez le droit de parler qu’à une seule personne par jour et êtes ainsi obligé de privilégier la découverte à la futilité. Dans cette même lignée Smeeters (français aussi) accompagne des groupes de 3 amis dans des rencontres organisées autour d’un verre avec un autre groupe de 3 encore inconnus.

Enfin l’emblème de ce retour à la réalité est à Londres et il s’appelle Shhh Dating. Le principe? Réunion directe dans un bar pour commencer la rencontre avec… 90 secondes de silence, les yeux dans les yeux. C’est spécial, mais c’est bien réel.

Cette convergence du dating vers un modèle que l’on pourrait rapprocher cette fois-ci du commerce de proximité, de la petite épicerie, témoigne d’une tendance vers un retour à l’authentique après l’excès de digital.

 

Le digital et la réalité ne sont pas deux mondes opposés mais un modèle qui se cherche !

Qu’est ce que semble nous montrer l’évolution du Dating à l’ère du digital ? “Que l’on n’a plus les pieds sur terre et que la réalité est passée dans les écrans !” s’exclament les détracteurs du digital. Et c’est vrai, c’est inquiétant.

Mais à voir la tendance, est-ce qu’il ne faudrait pas plutôt penser que le digital c’est nouveau et que comme toute chose innovante on fonce dedans, tête baissée, puis on évolue. Tout comme le modèle de l’hypermarché s’essouffle, Carrefour développe désormais ses carrefours city, réfléchit à une solution de livraison des produits frais.

Bref, une convergence vers un service sur mesure, plus sain que les vieux modèles.

Alors pourquoi ne pas faire le parallèle ici? Est-ce que Tinder n’incarne pas un succès éphémère qui va aujourd’hui va laisser place, très lentement, à des acteurs qui vont davantage vous pousser à vous asseoir sur une chaise en face d’une charmante demoiselle (ou d’un charmant damoiseau) que vous ne l’auriez fait seul, sans aucun recours au digital qui sait ?

La conclusion est double. D’abord le digital en tant que nouveauté est un modèle qui s’éprouve, et s’il paraît triste de voir une consommation de masse sur Tinder, c’est pour en faire apparaître plus rapidement les limites, car tout va plus vite dans le digital. La seconde conclusion, c’est que le digital ne remplace rien, il s’agit d’un moyen. Un outil, très efficace quand il est bien fait. Et en tant que moyen il est défendable : il permet de rendre certaines choses possibles, d’en améliorer à pertinence le service, etc.

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