Le corps humain : futur device numérique ?

Cette semaine, découvrez la Freak Digital Week sur Make It Digital. A l’occasion d’Halloween, la rédaction souhaite vous faire froid dans le dos en vous exposant les innovations de demain et leurs possibles dérives. Alors, faut-il avoir peur du digital de demain ?

         Une révolution est en passe de rendre le smartphone le plus perfectionné obsolète, l’Apple Watch dépassée et les Google Glass ringardes. Aujourd’hui les chercheurs en biotechnologies nous promettent de faire de notre corps un nouveau device à part entière. Plus besoin d’emmener un objet avec soi, l’essentiel pour rester connecté se cachera bientôt sur ou sous notre peau, pour nous suivre tout le temps et partout.

 

Comment transformer le corps humain en device ?

        Les biotechnologies cutanées se présentent pour l’instant sous deux formats : sur la peau comme c’est le cas du tatouage ou du patch connecté, ou sous-cutané pour les puces électroniques.

  • Le tatouage éphémère est un film transparent sur lequel se trouve de fines feuilles d’or et d’argent, des circuits électroniques avec mini-puces et une batterie au lithium. Ce dispositif utilise la technologie NFC pour échanger des données avec un appareil proche (c’est cette même méthode qui est utilisée pour les paiements sans contact des cartes bancaires).
  • Le patch connecté est quant à lui un pansement bourré de capteurs microscopiques qui se colle sur la peau.
  • Les puces électroniques qui existent actuellement utilisent la technologie RFID. Une fois implantée sous la peau, la puce informatique dotée d’une antenne peut interagir avec un lecteur RFID via des ondes électromagnétiques.

Tatouage connecté nouvelles technologies

A quoi servent ces biotechnologies cutanées ?

Vous pensez qu’il s’agit là d’une innovation futuriste et impossible à mettre en place ? Détrompez-vous ! Ces dispositifs existent déjà et sont utilisés par des milliers de personnes à travers le monde, pour des usages divers.

Aux Etats-Unis, des volontaires ont accepté un implant sous-cutané contenant leur dossier médical. Ce dispositif leur assure d’être pris en charge correctement par les services hospitaliers s’ils sont trouvés inconscients. En Suède, quelques milliers de personnes ont accepté un implant pour se faciliter la vie. Fini l’éternelle de ses clés, un simple mouvement de la main et la porte s’ouvre. Sorte de porte-monnaie électronique, la puce permet aussi de prendre un train ou d’entrer dans son club de gym. Enfin, de nombreuses entreprises proposent ce dispositif à leurs employés afin d’améliorer la vie en entreprise : allumer et éteindre son ordinateur, payer son café ou son déjeuner, utiliser l’imprimante, passer les portiques d’entrée…

Le tatouage connecté n’est pas encore une technologie aboutie et opérationnelle. Cependant, plusieurs grandes entreprises travail sur ce produit qui devrait être utilisable dans un futur proche. Microsoft et le MIT développent le prototype ‘DuoSkin’ pour payer directement avec un tatouage connecté. Cette technologie serait déjà compatible avec les derniers lecteurs de cartes bancaires. De plus, la possibilité d’y enregistrer des informations permettrait de stocker des billets ou des abonnements à un titre de transport.

Enfin, les patchs connectés sont surtout développés pour domaine de la santé. En 2016, l’entreprise MC10 présentait son ‘BioStamp RC’, un pansement suivant les données vitales des patients souffrant de maladies neurodégénératives. Une autre version de ce dispositif permet de protéger son porteur des dangers du soleil. Le patch change ainsi de couleur en fonction de la quantité de rayons ultraviolets reçus.

 

Vidéo de présentation du BioStamp Research Connect System

Ces innovations comportent-elles des risques ?

Ces dispositifs sur ou sous-cutanés posent d’abord problème sur le plan sanitaire. Certains spécialistes soulignent le risque d’infections ou de réactions immunitaires. Mais cela soulève aussi et surtout un débat éthique : qui peut lire ces données ? Sont-elles protégées ? Acceptons-nous d’être potentiellement tracké et suivi 24h/24 ?

Mais les adeptes de ces technologies soulignent que nos smartphones sont déjà des dispositifs suivis et trackés. S’implanter une puce contenant ces mêmes informations est-il vraiment différent ?

 

En conclusion, les biotechnologies s’annoncent déjà comme le prolongement des objets connectés qui inondent déjà notre quotidien. Elles peuvent servir pour des usages divers, avec toujours comme objectif d’améliorer et de fluidifier notre quotidien. Leurs utilisation pourraient évidemment agrandir le champs des possibles dans le marketing : paiement instantanée, carte de fidélité, collecte des données personnelles… Mais il faudra se pencher sur les limites de ces innovations avant d’envisager une éventuelle utilisation à grande échelle.

 

Pour en savoir plus :

Un rapide reportage de la généralisation des puces en Suède :

https://www.youtube.com/watch?v=RYqgmsiTxNE

Un retour sur la tendance objets connectés qui nous collent déjà à la peau :

http://marketing-digital.audencia.com/objets-connectes-collent-peau/

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