La Bibliothèque, la nuit : Quand la réalité virtuelle s’invite dans une exposition

Le XXIème siècle paraît bien marquer le début d’une nouvelle ère : celui de la digitalisation & des nouvelles technologies connectées. Après avoir envahi l’univers du commerce & des divertissements, et s’installant timidement dans d’autres domaines (notamment le médical), elles arrivent peu à peu dans la culture. En ligne de mire : la réalité virtuelle. D’ailleurs, l’exposition « La Bibliothèque La Nuit », présente au Lieu Unique jusqu’au 7 janvier, met à l’honneur cette innovation. Retour sur cet évènement.

Une exposition onirique, invitant au voyage

Créée par l’organisation québécoise Ex Machina (spécialiste en arts vivants avec le grand Robert Lepage), l’exposition nomade rend hommage à l’œuvre d’Alberto Manguel et plus particulièrement à son livre La Bibliothèque, la nuit. Dans cet ouvrage, l’auteur nous fait part de sa vision des bibliothèques qui sont, pour lui, un pouvoir, une intelligence, une île, l’oubli et surtout une demeure, une histoire. Bref, un rôle social à part entière. On voyage alors parmi 10 bibliothèques, réelles, virtuelles ou aujourd’hui détruites. Grâce à la réalité virtuelle, le spectateur est plongé dans ces 10 endroits et fait un véritable voyage culturel, historique & onirique. Et ce voyage n’est pas fait seul, car l’exposition mêle tous les participants pour une expérience aussi bien collective que solitaire. L’exposition est plutôt bien réalisée avec une réelle expérience de voyage. Qui plus est, c’est l’occasion de tester la réalité virtuelle ! Le résultat est très étonnant, cela donne une dimension authentique & particulière à l’expérience.

Mélanger culture & objets connectés est-ce une bonne idée ?

La question mérite d’être posée ! En effet, si dans cette exposition, l’expérience est plutôt réussie car elle a le mérite de nous faire voyager à travers le temps, l’histoire, les lieux et même dans l’imaginaire avec la bibliothèque du Nautilus (Trente Mille Lieux sous les mers), les objets connectés ne dénaturent-ils pas la culture et notre manière de la concevoir ? Y a-t-il une réelle utilité ?

Bibliothèque du Capitaine Nemo

Bibliothèque du Parlement à Ottawa

Selon Steve Blanchet, co-concepteur de l’exposition La Bibliothèque, la nuit, le problème des objets connectés, et surtout la réalité virtuelle, est qu’il coupe du contexte et de toute interaction, pourtant si vital en art. Ceci-dit, il considère ces outils comme intéressants pour choquer le spectateur, l’éduquer à l’art et transgresser la réalité. La réalité augmentée en est d’ailleurs un bon exemple car, elle permettrait de voir les éléments sous un œil différent, pour rendre une pièce de théâtre plus vivante par exemple avec le point de vue des acteurs.

La réalité virtuelle : en solitaire ou en interaction ?

Les nouvelles technologies sont encore (trop ?) peu présentes en culture, il est légitime de se demander si elles vont vraiment réussir à s’y installer. Pour cela, il faudra tout d’abord s’atteler à un gros chantier : la culture doit s’approprier ces nouvelles technologies et aller au-delà de l’intérêt de donner des sensations fortes, trouver une réelle utilité.

Alors, culture & objets connectés font-ils bon ménage ? Ce sera aux étudiants de janvier de répondre à cette grande question !

 

Clémence Dufour pour Tertre Digital

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