Art et digital : vers une relation à double sens ?

Si l’art a longtemps pu être associé à des musées poussiéreux et à un environnement archaïque déconnecté de la société et de ses préoccupations, cette image est désormais abolie.

  • C’est le récent lancement par Snapchat d’une plateforme dédiée à l’art (art.snapchat.com) et d’une exposition en réalité augmentée diffusée aux quatre coins du monde qui a fait l’effet d’une bombe dans le paysage artistique. En effet, cette collaboration avec Jeff Koons, artiste contemporain très médiatisé aux œuvres emblématiques, est significative. Elle témoigne et met fin à une ère où art et digital n’étaient pas associés dans l’imaginaire collectif. Si Snapchat s’est emparé de ce créneau au travers de ses filtres géolocalisés, cela souligne l’importance que représente l’art actuellement pour les nouvelles technologies.
  • Depuis le début des années 60, on avait assisté au développement de l’art numérique. Les artistes se tournaient vers de nouveaux médiums, connectés à leur temps et exploraient l’infinité de possibilités. Cependant, aujourd’hui on remarque que cette relation n’émerge pas uniquement des artistes, mais que le monde du digital investit le monde artistique.

Mobiliser les millenials autour de l’art : un nouveau défi ?

  • Les grandes entreprises du digital souhaitent désormais conquérir et sensibiliser à l’art un public plutôt jeune. Avoir recours au numérique constitue en effet un objectif pour de nombreuses institutions. Une étude réalisée en Irlande montre que 85% des dirigeants d’entreprises du secteur artistique prévoient d’accroître leurs investissements dans les technologies digitales. Cette démarche est prévue afin d’améliorer l’expérience de leurs consommateurs et public.
  • Nombreux exemples soulignent ce nouveau challenge que se sont lancés institutions culturelles et entreprises digitales afin d’opérer des synergies entre leurs deux mondes. On pense alors à la campagne lancée cet été par le MoMA. Le célèbre musée new-yorkais a mis en place la possibilité de recevoir par SMS une photographie d'une œuvre provenue de ses fonds. Ce souhait de s’inscrire dans une relation digitalisée avec son public, d’autant plus de la part d’une institution dont la renommée est immense, souligne l’importance de cet enjeu.

Vers une interdépendance ?

Prenons par ailleurs l’exemple de Siemens, qui a ouvert la Siemens Connected Gallery à Paris. La marque, leader du marché de l’électroménager a mis en avant son important investissement dans les objets connectés. Ainsi, l’entreprise a fait appel à des artistes dont l’œuvre utilise le numérique.

Cette initiative symbolise donc que les experts du digital entendent faire appel au monde de l'art pour mettre en avant leurs avancées technologiques.

Un danger de récupération

Attention cependant à ne pas faire de l'art un moyen de commercialisation.  Cette peur est retranscrite par l'initiative de Sebastian Errazuriz. Celui-ci a vandalisé une sculpture virtuelle de Koons pour dénoncer la vision commerciale et marketée de l'art. Il craint en effet une utilisation publicitaire de l'espace public virtuel.

L'interpénétration du digital dans le domaine artistique interroge et ne doit donc pas se faire au détriment des artistes.

Sources :
  • Snapchat Art : https://siecledigital.fr/2017/10/03/snapchat-art-realite-augmentee/
  • Investissement digital art : https://www.siliconrepublic.com/enterprise/arts-business-digital-transformation-pwc
  • Galerie Dada : https://hyperallergic.com/403851/dada-net-art-galerie-charlot-paris/
  • Siemens connected Galery : http://www.siemens-home.bsh-group.com/fr/decouvrez-siemens/actualites/connectedgallery
  • Snapchat Art vandalisé : https://techcrunch.com/2017/10/08/jeff-koons-augmented-reality-snapchat-artwork-gets-vandalized/
   

Ariane Sur pour The Wired

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  1. Article très intéressant et qui permet de découvrir de belles initiatives !

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